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Cantos XLIX

 

Pour les sept lacs et de personne ces vers :

Pluie ; rivière vide ; un voyage,

Feu de nuage gelé, pluie lourde au demi-jour

Du toit de la hutte pendait une lanterne.

Les roseaux sont lourds ; penchés ;

et comme en pleurant parlent les bambous.

 

Lune d’automne ; collines s’élevant autour des lacs

contre le coucher de soleil

Le soir est comme un rideau de brume

une buée par-dessus les rides ; et à travers ceci

les épis longs et piquants de la cannelle,

un air froid parmi les roseaux.

Derrière les collines la cloche du moine

portée sur le vent.

Une voile est passée par ici en avril ; retournera peut-être en octobre

La barque se fane dans l’argent ; lentement ;

Seul le soleil flamme sur la rivière.

 

Où la grappe prend feu au soleil couchant

des cheminées éparses fument dans le contre-jour3

.

 

Arrive alors la neige en bourrasque sur la rivière

Et un monde est couvert de jade

Canot flottant ainsi qu’une lanterne,

L’eau coulante se caille comme refroidie. Et à San Yin

c’est un peuple à loisirs.

Les oies sauvages s’abattent sur l’ensablement,

Les nuages s’amassent autour du trou de la fenêtre

Eau large ; les oies s’alignent avec l’automne

Les corneilles caquètent sur les lanternes des pêcheurs ;

Une lumière se déplace à l’horizon du sud.

L’état en créant des richesses devrait ainsi s’endetter ?

 

Ceci est infamie ; ceci est Geryon.

Ce canal mène en silence vers TenShi

bien que le vieux roi l’ait construit pour l’agrément.

 

KEI MEN RAN KEI

KIU MAN MAN KEI

JITSU GETSU KO KWA

TAN FUKU TAN KAI

 

Soleil levé ; travailler

soleil couché ; se reposer

creuser puits et en boire l’eau

bêcher le champ et en manger le blé

Est-ce pouvoir Impérial ? et à nous qu’est-ce que c’est ?

 

La quatrième ; la dimension du silence.

Et le pouvoir sur les fauves.

 

Traduit de l’anglais par Richard Sieburth,

in, revue « Babel heureuse, N°5, Automne 2019 »

La Nerthe éditions, 83000 Toulon

Du même auteur : « Et donc les lianes me jaillissent des doigts… » / So that the vines burst from my fingers  (19/02/2015)


Cantos XLIX

 

For the seven lakes, and by no man these verses:

Rain; empty river; a voyage,

Fire from frozen cloud, heavy rain in the twilight

Under the cabin roof was one lantern.

The reeds are heavy; bent;

and the bamboos speak as if weeping.

 


Autumn moon; hills rise about lakes

against sunset

Evening is like a curtain of cloud,

a blurr above ripples; and through it

sharp long spikes of the cinnamon,

a cold tune amid reeds.

Behind hill the monk's bell

borne on the wind.

Sail passed here in April; may return in October

Boat fades in silver; slowly;

Sun blaze alone on the river.


 
Where wine flag catches the sunset

Sparse chimneys smoke in the cross light


 
Comes then snow scur on the river

And a world is covered with jade

Small boat floats like a lanthorn,

The flowing water clots as with cold. And at San Yin

they are a people of leisure.


 
Wild geese swoop to the sand-bar,

Clouds gather about the hole of the window

Broad water; geese line out with the autumn

Rooks clatter over the fishermen's lanthorns,

A light moves on the north sky line;

where the young boys prod stones for shrimp.

In seventeen hundred came Tsing to these hill lakes.

A light moves on the south sky line.


 
State by creating riches shd. thereby get into debt?

This is infamy; this is Geryon.

This canal goes still to TenShi

though the old king built it for pleasure


 
KEI     MEN      RAN    KEI

KIU     MAN     MAN    KEI

JITSU  GETSU  K  O    KWA

TAN    FUKU    TAN     KAI


 
Sun up; work

sundown; to rest

dig well and drink of the water

dig field; eat of the grain

Imperial power is? and to us what is it?


 
The fourth; the dimension of stillness.

And the power over wild beasts.

Poème précédent en anglais :

Walt Whitman : Calamus (28/01/2020)

Poème suivant en anglais :

Langston Hugues : Moi, aussi / I, too (18/03/2020)