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Lumières de printemps

 

Parfois le ciel plombé s’entrouvre et un rayon de soleil

descend sur cette terre humide et vaporeuse.

Un rayon de soleil descend sur le gracieux amandier,

une flèche d’or descend sur les eaux mortes,

une très pure lumière descend sur le gazon obscur.

Parfois le ciel s’entrouvre et la pluie cesse

de résonner sur les peupliers, les vieux toits.

Un air frais passe dans les rues vides.

Un oiseau craintif se lance à chanter.

Les rideaux cendrés du ciel se déchirent

et un rayon pur traverse l’atmosphère hivernale.

Alors sur la terre, sur les chemins profonds

du sang surgit une fièvre, une ardeur,

et tout joyeux nous pensons au nouveau printemps

qui viendra enlacer nos corps avec ses bras de lumière.

 

Traduit de l’espagnol par Claude de Frayssinet

In, «Poésie espagnole  Anthologie 1945 – 1990 »

Actes Sud / Editions Unesco, 1995

 

Luces de primavera

 

A veces se abre el cielo plomizo y cae un rayo

de sol sobre esta tierra húmeda, vaporosa.

Cae un rayo de sol sobre el almendo grácil,

cae una flecha de oro sobre las aguas muertas,

cae una luz purísima sobre el césped oscuro.

A veces se abre el cielo y deja de sonar

la lluvia entre los álamos, en los tejados viejos.

Hay un hálito fresco en las calles vacías.

Un pájaro se atreve a cantar temeroso.

Se rasgan las cortinas cenicientas del cielo

y un rayo puro hiende la atmósfera invernal.

Entonces en la tierra, en los caminos hondos

de la sangre rebrota una fiebre, un ardor,

y pensamos gozosos que hay otra primavera

ciñendo nuestros cuerpos con sus brazos de luz.

 

Preludios a una noche total

EdicionesRialp, Madrid, 1969

Poème précédent en espagnol :

Octavio Paz :  La fille et le printemps / Primavera y muchacha (10/02/2020)

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