21 février 2020

Alain Borer (1949 -) : La belle de Halley

  La belle de Halley (pendant son monologue, la comète effectue une rotation autour des deux captifs)        Le voyage est si long pour que je resplendisse      Au-delà des dernières planètes aux confins du système solaire      Dans l’obscurité pure et le froid absolu tourne autour du Soleil une invisible sphère      Idole informe et vague, Ô ma mère cruelle et glacée en coulisses !      Par milliards ses... [Lire la suite]
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20 février 2020

Mang Ke /芒克 (1951 -) : Sur la neige bleue

  Sur la neige bleue   Sur la neige bleue brillent des flammes la neige   tu te frottes à l’aube chevelure folle main glacée   la neige bleue déchaine la folie des loups la neige   soudain tu saisis le visage que tu cherches soleil vaguement tuméfié tordu par la bourrasque   Traduit du chinois par Chantal Chen-Andro In, "Le Ciel en fuite. Anthologie de la nouvelle poésie chinoise" Editions Circé, 2004 Du même auteur : Le temps sans le temps (20/02/2015) Poème de... [Lire la suite]
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19 février 2020

António Ramos Rosa (1924 – 2013) : « Je ne peux remettre l’amour... » / « Não posso adiar o amor... »

  Je ne peux remettre l’amour à un autre siècle je ne peux pas même si le cri s’étrangle dans ma gorge même si la haine éclate crépite brûle sous des montagnes grises et des montagnes grises   Je ne peux ajourner cette étreinte qui est une arme au double tranchant d’amour et de haine   Je ne peux rien ajourner même si la nuit pèse des siècles sur mes épaules même si tarde l’aurore indécise je ne peux remettre ma vie à un autre siècle ni mon amour ni mon cri de libération   Non je ne peux... [Lire la suite]
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18 février 2020

Théodore Agrippa d’Aubigné (1551 – 1630) : « Je sens bannir ma peur... »

  Je sens bannir ma peur et le mal que j'endure, Couché au doux abri d'un myrte et d'un cyprès, Qui de leurs verts rameaux s'accolant près à près Encourtinent(1) la fleur qui mon chevet azure !   Oyant virer au fil d'un musicien murmure Milles nymphes d'argent, qui de leurs flots secrets Bebrouillent(2) en riant les perles dans les prés, Et font les diamants rouler à l'aventure.   Ce bosquet de vert-brun qui cette onde obscurcit, D'échos harmonieux et de chants retentit. Ô séjour aimable ! ô repos... [Lire la suite]
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17 février 2020

Eric Arendt (1903 -1984) : Le cimetière juif de Prague / Prager Judenfriedhof

  Cimetière juif de Prague Pour Paul Celan   Mortes les racines à l’intérieur. Au mont des Oliviers l’ombre de la mort, séparée. Chemin de Croix qui ne finit jamais : le tien, le mien – mais elle erre encore, l’aile de mer de la parole.   Ici, jours années, gris, le tissu l’effeuillé. En haut quelque chose écoute. Inaudible, un vent. Jours années, gris, une plainte, sillage dans l’air. Vent, ancien comme un obscurcissement d’écorces. Mais sous le jour, la paupière, songent – ... [Lire la suite]
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15 février 2020

Jean - Charles Le Toullec (1943 – 1977) : L’Office des morts

  L’office des morts   ... [Lire la suite]
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15 février 2020

Maurice Scève (1500 – 1563 ?) : « Tant je l’aimai... »

  XLIX   Tant je l’aimai qu’en elle encor je vis : Et tant la vis que, malgré moi, je l’aime. Le sens et l’âme y furent tant ravis, Que par l’œil faut que le cœur la désaime.           Est-il possible en ce degré suprême Que fermeté son oultrepas(*) révoque ?           Tant fut la flamme en nous deux réciproque Que mon feu luit, quand le sien clair m’appert, Mourant le sien, le mien tôt se suffoque, Et ainsi... [Lire la suite]
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14 février 2020

Serge Sautreau (1943 - 2010) : A l’intérieur on songe

  A l’intérieur on songe   « L’improbable poésie, son bégaiement, ses grèves »   La koésie est un dîner de gala chez les sans-papiers En partant elle emporte tout Même les montres   Elle a ses entrées dans les salles de contrôle Tous les écrans pour capter l’indicible Les cordages piègent le vent c’est de la buée de pauvres On en fera un ressac sur un catamaran L’absence de toute idée aura le dernier mot : formel D’autres disent formol mais ce sont des alouettes d’angle   La... [Lire la suite]
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13 février 2020

Bernart de Ventadorn (1125- 1200) : « Quand voie l’alouette mouvoir... » / « Quan vei la lauzeta mover... »

  Quand voie l’alouette mouvoir De joie ses ailes face au soleil, Que s’oublie et se laisse choir Par la douceur qu’au cœur lui va, Las ! si grand envie me vient De tous ceux dont je vois la joie, Et c’est merveille qu’à l’instant Le cœur de désir ne me fonde.   Hélas ! tant en croyais savoir En amour, et si peu en sais. Car j’aime sans y rien pouvoir Celle dont jamais rien n’aurai. Elle a tout mon cœur, et m’a tout, Et moi-même, et le monde entier, Et ces vols ne m’ont rien laissé Que désir et... [Lire la suite]
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12 février 2020

Nathan Zach (1930 -) / נתן זך : « Je voudrais toujours des yeux pour voir... »

  Je voudrais toujours des yeux pour voir la beauté du monde et louer cette beauté merveilleuse, sans défaut, et louer celui qui l’a faite belle à louer et pleine, si pleine de beauté.   Et je ne voudrais jamais être aveugle à la beauté du monde tant que je vis. Je renoncerais à d’autres chose, mais je ne me lasserais de voir cette beauté où je vis où mes mains se promènent comme des bateaux et pensent et font ma vie courageusement, et non moins que cela, patiemment, d’une patience infinie.   Et je ne... [Lire la suite]
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