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Icare est chu ici, le jeune audacieux,

Qui pour voler au Ciel eut assez de courage :

Ici tomba son corps dégarni de plumage,

Laissant tous braves coeurs de sa chute envieux.

 

Ô bienheureux travail d'un esprit glorieux,

Qui tire un si grand gain d'un si petit dommage !

Ô bienheureux malheur plein de tant d'avantage,

Qu'il rende le vaincu des ans victorieux !

 

Un chemin si nouveau n'étonna sa jeunesse,

Le pouvoir lui faillit mais non la hardiesse,

Il eut pour le brûler des astres le plus beau.

 

Il mourut poursuivant une haute aventure,

Le ciel fut son désir, la Mer sa sépulture :

Est-il plus beau dessein, ou plus riche tombeau ?

 

 

Les Amours d’Hyppolyte

in, « Les premières œuvres de Philippes Des Portes : au roy de Pologne »

Imprimerie de Robert Estienne, 1573.

 

 

Du même auteur :

« Las. Je ne verrai plus… » (16/02/2015)

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