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Je sens bannir ma peur et le mal que j'endure,

Couché au doux abri d'un myrte et d'un cyprès,

Qui de leurs verts rameaux s'accolant près à près

Encourtinent(1) la fleur qui mon chevet azure !

 

Oyant virer au fil d'un musicien murmure

Milles nymphes d'argent, qui de leurs flots secrets

Bebrouillent(2) en riant les perles dans les prés,

Et font les diamants rouler à l'aventure.

 

Ce bosquet de vert-brun qui cette onde obscurcit,

D'échos harmonieux et de chants retentit.

Ô séjour aimable ! ô repos précieux !

 

Ô giron, doux support au chef qui se tourmente !

Ô mes yeux bien heureux éclairés de ses yeux !

Heureux qui meurt ici et mourant ne lamente ! 

(1) tapissent

(2) emmêlent

 

Le Printemps : L’hécatombe à Diane

In, « Oeuvres complètes de Théodore Agrippa d’Aubigné, Tome troisième »

Alphonse Lemerre éditeur, 1874

Du même auteur : « Les rois, qui sont du peuple... »  (18/02/2019)