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Je voudrais toujours des yeux pour voir

la beauté du monde et louer cette beauté

merveilleuse, sans défaut, et louer

celui qui l’a faite belle à louer

et pleine, si pleine de beauté.

 

Et je ne voudrais jamais être aveugle à la beauté

du monde tant que je vis. Je renoncerais

à d’autres chose, mais je ne me lasserais

de voir cette beauté où je vis

où mes mains se promènent comme des bateaux et pensent

et font ma vie courageusement, et non moins

que cela, patiemment, d’une patience infinie.

 

Et je ne cesserai de louer.  Je ne cesserai ma louange.

Et si je tombe, je me lèverai – même un moment - pour qu’on ne dise pas

il est tombé. Mais il s’est relevé un moment pour louer

de ses derniers yeux

ce  qu’il ne cessera jamais de louer.

 

Traduit de l’hébreu par Michel Eckhard et Benyamin Ziffer

Revue « Poésie1, N° 116, Mars-Avril 1984 »

Le Cherche-Midi éditeur, 1984

Du même auteur :

La lamentation sur Daniel dans la terre (12/02/2018)

« Parfois très tard dans la nuit... » (12/02/2019)