31 janvier 2020

Choi Seung-Ho / 최승호 (1954 -) : La force de la nuit

  La force de la nuit   Enveloppée par la tempête La ville la nuit n’a plus d’électricité Le fleuve est noir L’asphalte est noir La lumière des bougies vacille dans tous les magasins L’éclair éclate Le tonnerre gronde C’est la hache bleue d’où jaillit l’éclair Quand elle frappe, les étoiles brillent d’un grand éclat Quand elle frappe, les montagnes retentissent d’un grand fracas Quand elle frappe, on n’a rien à craindre des nains Mai à part la race géante des dieux, Quel être humain sur la terre Pourrait... [Lire la suite]
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30 janvier 2020

Michel Baglin (1950 – 2019) : De chair et de mot

  De chair et de mots   Nous, de chair et de mots, au texte obscur de nos cellules assujettis. - Nous, par la parole élargis. * Façonnés dans le pétrin des gestes, accrus par le levain des phrases, panifiés au fournil de la bouche dans la boulange des signes et du sang * Générations après générations, avons appris les traces, avons repris la marche et dépassé parfois des point mortels de suspension... * Les fils meurent un peu plus loin que les pères, leurs enfants encore plus avant. Leurs... [Lire la suite]
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28 janvier 2020

Benjamin Péret (1899 – 1959) : « Le feu vêtu de deuil »

    Le feu vêtu de deuil jaillit par tous ses pores La poussière de sperme et de sang voile sa face tatouée de lave Son cri retentit dans la nuit comme l’annonce de la fin des temps Le frisson qui se hâte sur sa peau d’épines court depuis que le maïs se lisse      dans le vent Son geste de cœur brandi à bout de bras s’achève en cinquante-deux ans dans      un brasier d’allégresse Lorsqu’il parle la pluie d’orage excite les réflexes des lueurs enfouies sous la ... [Lire la suite]
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28 janvier 2020

Whalt Whitman (1819 - 1892) : Calamus

  Calamus   PAR DES SENTIERS VIERGES   Par des sentiers vierges, Par des maquis touffus sur la marge des étangs, M’étant échappé de la vie qui se donne en spectacle, M’étant évadé des normes jusqu’ici reconnues, des plaisirs, profits et milles      conformismes Dont je fis si longtemps l’aliment de mon âme, Claires à mes yeux désormais les normes encore tenues secrètes, clair à mes      yeux que l’âme, Mon âme humaine pour qui je parle se plaît à l’amitié des... [Lire la suite]
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27 janvier 2020

Bernard Noël (1930 -) : Le bât de la bouche

  Le bât de la bouche Fragments A Jan Voss .   La vie un peu d’eau quelques mots sur la langue Il n’y a que le visible seulement il s’ampute de lui-même pour être le jour sans la nuit Les signes eux sont toujours noir sur blanc Le lisible est lié à l’obscur La mort écrit derrière les yeux mais les contraires de l’un à l’autre tendent une même lumière et c’est en nous l’excès de nuit qui nous fait la peau blanche   Je sens ma voix quand quelque chose cherche mes lèvres Chacun  a sa part de... [Lire la suite]
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26 janvier 2020

Aimé Césaire (1913 – 2008) : Configurations

  Configurations   à Jacqueline Leiner 1   rumeur      de remugle de mangles       de coques déchirées                                    de graines volantes rumeur de graines ancreuses qui savent si bien s'inventer le supplice d'une terre   (et tant pis pour ceux qui ne comprennent pas ... [Lire la suite]
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24 janvier 2020

Antonin Artaud (1896 – 1948) : « Il y a dans la magie... »

    Il y a dans la magie l’immixion perpétuelle de dieu non comme un esprit ou comme un être mais comme un état plus carié                     du cœur Car qu’est-ce que c’est que le cœur ?                     Une carie une carie perforante de chair dont l’attendrissement a fait cet organisme de sang mou et battant ... [Lire la suite]
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23 janvier 2020

André Schmitz (1929 - 2016) : Prière grommelée

    Prière grommelée   Seigneur, aie pitié des âmes qui sont couchées comme des chiennes dans la niche insalubre des corps.   Entends le grommellement de leurs pensées tomber de leur gueule comme des prières révoltées ou des insultes suppliantes.   Jette-leur un os d’espérance à ronger en silence dans l’amitié déjà de la Nuit qui vient après la nuit.   Appelle sur elles et sur leurs souillures des fraîcheurs de rosées et vêts le serpent de leur échine du velours des sommeils enfantins.... [Lire la suite]
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23 janvier 2020

André Breton (1896 – 1966) : Le verbe être

  Le verbe être          Je connais le désespoir dans ses grandes lignes. Le désespoir n’a pas d’ailes, il ne se tient pas nécessairement à une table desservie sur une terrasse, le soir, au bord de la mer. C’est le désespoir et ce n’est pas le retour d’une quantité de petits faits comme des graines qui quittent à la nuit tombante un sillon pour un autre. Ce n’est pas la mousse sur une pierre ou le verre à boire. C’est un bateau criblé de neige, si vous voulez, comme les oiseaux qui... [Lire la suite]
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22 janvier 2020

Gibran Khali Gibran (1883 – 1931) / جبران خليل جبران : « A jamais je marcherai ... »

  A jamais je marcherai    sur ces rivages,      Entre sable et écume.      La marée haute effacera      les empreintes de mes pas,      Et le vent soufflera l’écume.    Mais la mer et le rivage resteront à jamais.   Traduit de l’anglais in, Khali Gibran : « Enfants du prophète. Œuvre anglaise » Editions Albouraq, 1999
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