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Nous avons marché côte à côte dans les rues de tant de villes

Que parfois dans notre silence je m’éveille

Et me demande, une seconde, où je suis.

 

Hélas ! Ce n’est pas la rue de la Douane, à Malmousque,

Ni celle des Pharaons dans la blanche Alexandrie,

Ni toutes celles des ports ou des villes dans les terres

Que nous regrettons, bien sûr, puisqu’elles sont le passé.

 

Mais tu es là, près de moi, dans la foule étrangère,

Où, seul, je me serais si facilement perdu ;

Et je te tiens par le bras comme le navigateur

Pour l’atterrissage garde les yeux fixés sur l’amer.

Avril 1946

 

Liberté des mers suivi d’Ecrits à Shangaï

Editions Gallimard, 1950

Du même auteur :

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« J’ai la nostalgie d’une plaine d’herbes... » (24/06/2016)

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