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Un printemps

 

(Et moi c’est un printemps

Crochu par mes travers d’eau blanche

Mes détours d’ombre mon plan

De ciel fouetté de graves branches

Un mur oblique où le soleil

Jette ses bûches de sommeil

Où tremble une petite rosée vieille

Comme sueurs et larmes aux pointes d’un

Noir fond d’herbe noire un œil un

Velours incertain d’entre les tiens merveille

Ancienne ou bien déjà nouvelle objet

Plus clair obscur on ne sait de quel doigt de jais

D’argent que l’astre à demi pris de neige

Et de ténèbre en son éternité profonde ô toi

C’est un printemps bouclé d’épaules en toi

De poignets bracelés de mes mains cet âge

Venu d’aimer aux cimes du jour et gravir

A genoux les degrés d’écume du frisson tenir

Entre soi le torrent de ce pic à ce gouffre

Eclatant d’ongles et d’os entre toi

Belle versée pente de lys et moi le poids

Sombre du roc au creux de toi cette source qui souffre

Un siècle aux bords faillis aux corps noués jusqu’un détroit

Cette coulée de vie de feu entre toi morte et moi.)

 

Editions Gallimard

Du même auteur :

Adieu (07/06/2015)

Petite fanfare funèbre (07/06/2016)

Je t’apprends à mourir (07/06/2017)