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Saveur d’homme

 

Donnez-moi de quoi changer les pierres,

De quoi me faire des yeux

Avec autre chose que ma chair

Et des os avec la couleur de l'air ;

Et changez l'air dont j'étouffe

En un soupir qui le respire

Et me porte ma valise

De porte en porte ;

Qu'à ce soupir je pense : sourire

Derrière une autre porte.



Détestable saveur d'homme.



En vérité, une main ne tremble

Que pour vieillir sa mémoire ;

L'autre ne vieillit que d'avoir

Trop bougé de vie depuis le temps

Où le monde l'a basculée

Dans l'histoire du temps et du moment,

Qui, sans jamais se ressembler,

Se retrouve à chaque instant

Dans le sac noirci de son éternité.

 

 

La fin et la manière

Editions Le Soleil noir, 1965

Du même auteur :

Une rivière coulait au milieu d’un bois (13/12/2016)

Où que j’erre (13/12/2017)

Le condamné à vivre (13/12/2018)