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Stance

 

Quand le faucon

planta sa griffe dans la chair

de la colombe,

un plume tomba

sur la bouche du monde.

Elle resta suspendue, immobile,

aux lèvres desséchées

et attendit le souffle.

Il ne vint pas ;

ce fut le vent du soir

qui l’emporta.

 

Traduit de l’allemand par Raoul Bécousse

In, Wolfdietrich Schnurre : « Messages clandestins,

et nouveaux poèmes »

Editions Noah, 1986

Du même auteur :

Adoration /Anbetung (28/11/2014)

Chanson / Lied (28/11/2015)

Quand le monde frappe à ta porte /Klopfzeichen (28/11/2016)

Message clandestin / Kassiber (27/11/2017)

Harangue du policier de banlieue pendant sa ronde du matin /Ansprache des vorortpolizisten waehrend der morgenrunde (28/11/2018)

 

Strophe

 

Als der Falke

der Taube

die Fänge ins Fleisch schlug,

sank eine Feder

der Welt auf den Mund.

Reglos hing sie

an den dörrenden Lippen

und harrte des Atems.

Er kam nicht ; es

war der Abendwind,

der sie fortnahm.

Poème précédent en allemand :

Herwarth Walden : « Ferne blühen Deine Augen – Loin fleurissent tes yeux... » (22/10/2019)

Poème suivant en allemand :

Paul Celan : Psaume / Psalm (01/12/2019)