220px_Alphonse_Esquiros_vers_1869_1_

 

Comme le grand lion de la ménagerie,

Captif au mois de mai dans des barreaux de fer,

Crispant son front terrible et sa face amaigrie,

Jette superbement sa chevelure en l'air,

 

Lorsque le vent du sud aux haleines plus lentes,

Comme un souffle sorti du sein de Caliban,

Apporte, vers le soir, dans le Jardin des Plantes,

Le parfum résineux du cèdre du Liban,

 

Moi, dans cette saison où renaît le bocage,

Soulevant vers le ciel ma tête avec fierté,

Je rugis quand je sens pénétrer dans ma cage

L'odeur des arbres verts et de la liberté.

Sainte-Pélagie, avril 1841

 

 

Les chants d’un prisonnier

Challamel éditeur, 1841,