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Comment appeler l’oiseau

pour que du vers il se lève

et s’envole et s’égare

de branche en branche, comment ? Comment appeler le fleuve

sans interrompre son chant ni taire son écoulement ?

Comment faire pour que le nom de la rose

conserve son parfum ? Comment dire sable

et sentir la caresse d’une main dorée,

et comment faire pour que le soleil et le vent,

le feu et les automnes demeurent

dans le poème ? Ah, où apprendre cette magie

de disposer le nom des choses

de façon à ce que le lecteur de nos vers

revienne maculé de salpêtre,

brûlé par le soleil et réconforté

par le feu sauvage du brasier

par nous allumé avec deux ou trois mots ?

25-II-74

 

Traduit de l’espagnol par Claude de Frayssinet

In, «Poésie espagnole,  Anthologie 1945 – 1990 »

Actes Sud / Editions Unesco, 1995