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Chanson à l’aube

 

     - Où donc est ma peine ? Je n’ai plus de peine.

Où donc est ma mie ? Je ne m’en soucie.

   Sur la douce plage, à l’heure sereine, dans l’aube innocente, ô la mer lointaine !

     - Où donc est ma peine ? Je n’ai plus de peine.

Où donc est ma mie ? Je ne m’en soucie.

   Tes flots de rubans, la brise marine, tes flots de rubans entre mes doigts blancs !

     - Où donc est ma mie ? Je n’ai plus de peine.

Où donc est ma peine ? Je ne m’en soucie.

   Dans le ciel nacré, mes yeux l’ont suivi, le goéland gris brillant de rosée.

     - Je n’ai plus de peine. Où donc est ma mie ?

Où donc est ma peine ? Je n’ai plus d’amie.

   Dans l’aube innocente, ô la mer lointaine ! Ce n’est qu’un murmure au bord du soleil.

     - Où donc est ma peine ? Je n’ai plus de peine.

Ce n’est qu’un murmure au bord du soleil.

 

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