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          Ecoute les filles de la pluie

qui se poursuivent en chantant

et glissent

sur les radeaux d’argile

ou d’herbes de glaïeuls

qui couvrent les maisons des vivants.

 

          Elles chantent,

et leurs chants sont si passionnés

qu’ils deviennent des sanglots

et se réduisent en confidences...

 

          Peut-être pour mieux faire entendre

cet appel d’oiseaux qui t’émeut.

 

          Un oiseau seul au cœur de la nuit

et il ne craint pas d’être ravi par les Ondines ?

Ô miracle ! ô don inattendu !

 

Pourquoi rentres-tu si tard ?

Un autre a-t-il pris ton nid ?

tandis que tu étais en quête d’un rêve au bout du monde ?

 

Traduit de la nuit

Editions de mirages, Tunis, 1935