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Et les couleurs arrivent, physiques.

Le geste rouge, le geste noir, le geste jaune.

On regarde longtemps, le peu de soleil qu’il reste,

la fatigue qui est dans la cendre.

 

Même si nous sommes hors saisons,

l’on sait, la nuit, que les choses du monde remontent.

Les mêmes points de passage, les mêmes moments d’ennui.

 

Cette folle envie de regarder par dessus l’épaule

la vraie hauteur de l’autre rêve.

 

*

Les heures passent,

si proches de la haine, si proches du désir. Dans la chaleur,

la nuit est une ombre dégrafée sur le seuil. L’autre,

non pas oubliée, ni lointaine, mais dépossédée de la mémoire,

 

insaisissable dans le fracas d’un trait. Le corps, vague

dansante ... la lenteur de sa perte .

M. est dans l’atelier. La toile est une seconde peau.

 

 Ce que garde ce que garde l’éclair.

Gérard Venturelli, peintre 

In, « Revue Ecriterres, N°4, Hiver 1990 / 91 »

29720 Plonéour-Lanvern, 1991

Du même auteur :

Puis ce ralenti (04/09/2017)

« Si je fermais les yeux... » (04/09/2018)