10 août 2019

Oscar Wilde (1854 – 1900) : Désespoir / Desespoir

  Désespoir   Les saisons avec elles amènent leur ruine, Au printemps, le narcisse apparaît Qui ne se fane avant que n’ait rougit la rose Et, à l’automne, fleurissent les violettes Et le frêle crocus trouble alors la blancheur de la neige ; Puis, les arbres dénudés reverdissent, Comme font les gris labours sous les pluies de l’été Et renaissent les primevères qu’un enfant cueillera.   La belle vie ! dont le flot amer et avide Monte à nos pieds et sombre dans la nuit Pour revêtir des jours qui... [Lire la suite]
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10 août 2019

Nazih’Abu Afash (1966 -) /نزيه أبو عفش : Rendez-vous

  Rendez-vous   Commandez aux feux de rester toujours verts commandez aux trottoirs de n’être point saturés de pas commandez à la pluie d’être plus tendre commandez aux grenades... commandez aux volcans... et aux fils barbelés... ma bien aimée attend et moi je cours vers elle. 1975   Traduit de l’arabe par Saleh Diab in, « Poésie syrienne contemporaine. Edition bilingue » Le Castor Astral éditeur, 2018 Du même auteur : La porte de l’étable (10/08/2018)  
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09 août 2019

Joachim du Bellay (1522 – 1560) : « Comme on passe en été... »

  Comme on passe en été le torrent sans danger, Qui soulait (*) en hiver être roi de la plaine, Et ravir par les champs d’une fuite hautaine L’espoir du laboureur et l’espoir du berger :     Comme on voit les couards animaux outrager Le courageux lion gisant dessus l’arène, Ensanglanter leurs dents, et d’une audace vaine Provoquer l’ennemi qui ne se peut venger :     Et comme devant Troie on vit des Grecs encor Braver les moins vaillants autour du corps d’Hector : Ainsi ceux qui jadis... [Lire la suite]
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08 août 2019

Roger Gilbert-Lecomte (1907 – 1943) : Illusion

  Illusion   La vie est morne et combien grise Et monotone ; rien n’irise Sa nuit opaque : l’Action. Victime de rêve, vision Irréelle – qu’importe ! – exquise   Berce-moi sainte illusion   Accours illusion féconde Viens recréer pour moi le monde, Ce monde bête où je meurs, Buveur de sang, buveur de pleurs Sur qui le crime hurle et gronde,   Trompe illusion mes rancoeurs   Endors, Illusion sublime L’ennui, cet indicible abîme, - Ennui sombre qui me poursuis ! – ... [Lire la suite]
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07 août 2019

Robert Nédélec (1946 -) : Le livre

  Le livre        Tu es au bord d’un ciel figé entre deux pluies, et tenant dans tes mains ce qu’il reste d’écume sur l’eau du premier soir,        Tu regardes la nuit relever à hauteur d’aine et de vagues la belle encre dont on enduit sa peau quand il faut se dresser pour semer dans le sable.        La mer va l’amble, lentement, se met au vert dans ton regard,        Et ton livre est ouvert à la page où le mort... [Lire la suite]
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06 août 2019

Robert Desnos (1900 – 1945) : De la rose de marbre à la rose de fer

  De la rose de marbre à la rose de fer   La rose de marbre immense et blanche était seule sur la place déserte où les      ombres se prolongeaient à l’infini. Et la rose de marbre seule sous le soleil      et les étoiles était reine de la solitude. Et sans parfum la rose de marbre sur     sa tige rigide au sommet du piédestal de granit ruisselait de tous les flots du      ciel. La lune s’arrêtait pensive en son cœur glacial et les déesses... [Lire la suite]
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05 août 2019

Luiz Mizon (1942 -) : Arbre / Árbol

    Arbre   1 L’arbre apaise ta folie. Le bon remède est d’écouter les pauses mélodieuses d’un eucalyptus qui grandit sur un fleuve souterrain lorsque midi brûle la plume d’un vieux récit de cigales.   Les feuilles mortes dessinent les mains du harpiste.   2 Comment tolérer cette vie qui n’a jamais été la mienne autrement que par les racines où s’assoient les musiciens autrement que par la mouette qui se reflète dans mes lunettes noires et que par le joueur d’échecs qui montre ses... [Lire la suite]
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04 août 2019

Victor Hugo (1802 – 1885) : Le Matin

  Le matin   Moriturus moriturae . Le voile du matin sur les monts se déploie, Vois, un rayon naissant blanchit la vieille tour ; Et déjà dans les cieux s'unit avec amour,           Ainsi que la gloire à la joie, Le premier chant des bois aux premiers feux du jour.   Oui, souris à l'éclat dont le ciel se décore ! - Tu verras, si demain le cercueil me dévore, Un soleil aussi beau luire à ton désespoir, Et les mêmes oiseaux chanter la même aurore, ... [Lire la suite]
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03 août 2019

Joë Bousquet (1897 – 1950) : « Il ne fait pas nuit sur la terre ... »

            Il ne fait pas nuit sur la terre ; l’obscurité rôde, elle erre autour du noir. Et je sais des ténèbres si absolues que toute forme y promène une lueur et y devient le pressentiment, peut-être l’aurore d’un regard. Ces ténèbres sont en nous. Une dévorante obscurité nous habite. Les froids du pôle sont plus près de moi que ce puant enfer où je ne pourrais pas me respirer moi-même. Aucune sonde ne mesurera ces épaisseurs : parce que mon apparence est dans un... [Lire la suite]
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02 août 2019

Edouard Joseph Marc Maunick (1931 -) : Parole 1

  Parole 1   ..          ..          ..          ..          ..          ..          ..          mourir est pluriel tu reviens chaque fois          entre parole et... [Lire la suite]
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