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Le livre

 

     Tu es au bord d’un ciel figé entre deux pluies, et tenant dans tes mains ce

qu’il reste d’écume sur l’eau du premier soir,

 

     Tu regardes la nuit relever à hauteur d’aine et de vagues la belle encre dont

on enduit sa peau quand il faut se dresser pour semer dans le sable.

 

     La mer va l’amble, lentement, se met au vert dans ton regard,

 

     Et ton livre est ouvert à la page où le mort ressemble à cet enfant qui

s’ouvrit très souvent en rêve les poignets et s’éveilla le bas

 

     Du corps taché de lie, prêt à risquer sa vie pour toujours repousser à plus

tard le dénouement.

 

La page double

Editions L’Arrière-pays, 32360 Jegun, 1997