15 juillet 2019

Olivier Deschizeaux (1970 -) : Je me suis vu (II)

  Je me suis vu   II   Je me suis vu alourdissant l’ombre dans la nuit transfigurée jetant mon ancre à l’œil mort des fougères homme de rien dans la disgrâce et le chemin des figures brisées tournesols à l’orée des folies et traumas tournesols feignant la vie d’un geste d’éventail   je me suis vu fils des petites âmes sur la liste rouge ô le rythme des reines sur mes reins de faïence et le temps qui s’efface comme le printemps de ma mémoire ronde l’heure tourne autour des banquets je ne fus qu’un... [Lire la suite]
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14 juillet 2019

Jany Cotteron (1944 -) : N’importe où

  N’importe où   N’importe où     Elle écrit   Sur les feuilles qui murmurent dans le vent elle écrit à la sève des arbres le chant des oiseaux   Elle écrit des lettres avec le plein des rochers et le délié des hautes herbes   Elle écrit à l’encre des nuages en blanc et noir   Elle écrit des mots de plumes et de fleurs des mots qui rient     qui parlent d’amour des mots d’enfance des mots de tous les jours   Puis elle signe d’une main... [Lire la suite]
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13 juillet 2019

Léopold Sédar Senghor (1906 – 2011) : Nuit de Sine

  Nuit de Sine   Femme, pose sur mon front tes mains balsamiques, tes mains douces plus que      fourrure. Là-haut les palmes balancées qui bruissent dans la haute brise nocturne À peine. Pas même la chanson de nourrice. Qu’il nous berce, le silence rythmé. Écoutons son chant, écoutons battre notre sang sombre, écoutons Battre le pouls profond de l’Afrique dans la brume des villages perdus.     Voici que décline la lune lasse vers son lit de mer étale Voici que s’assoupissent... [Lire la suite]
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12 juillet 2019

Jacques Prévert (1900 – 1977) : La grasse matinée

  La grasse matinée   Il est terrible le petit bruit de l’œuf dur cassé sur un comptoir d'étain il est terrible ce bruit quand il remue dans la mémoire de l'homme qui a faim elle est terrible aussi la tête de l'homme la tête de l'homme qui a faim quand il se regarde à six heures du matin dans la glace du grand magasin une tête couleur de poussière ce n'est pas sa tête pourtant qu'il regarde dans la vitrine de chez Potin il s'en fout de sa tête l'homme il n'y pense pas il songe il imagine une autre tête ... [Lire la suite]
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11 juillet 2019

Matsuo Bashō (1644 - 1694) / 芭蕉 松尾 : « Des tréfonds de la pivoine... »

  Des tréfonds de la pivoine Comme elle tarde l’abeille A s’extirper   botanshibe fukaki wakeizuru hachi no nagori kana   Adapté du japonais par André Vandevenne in, « Bashô : Haïkus et notes de voyage /Nozarashi kikô » Synchronique Editions, 92240 L’Hay-les-Roses, 2016 Du même auteur : « Départ du printemps… » / 行春や鳥啼魚の目は泪 11/08/2014)   « Elles vont mourir… » (16/07/2016) « Usé par le temps… » (23/07/2017) « Puissé-je à la... [Lire la suite]
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10 juillet 2019

José Manuel Caballero Bonald (1926 -) : Pas aujourd’hui / Hoy no

  Pas aujourd’hui   Je partage avec la nuit sa hâte du temps, cet impatient passage circulaire de l’ombre qui est veille d’une autre ombre ou cette paresseuse volonté de t’aimer à partir de demain, lorsque je t’aurai perdue ainsi que la lumière, et qu’il ne restera qu’un ultime délai pour t’attendre dans la fugacité du jour à venir.     Traduit de l’espagnol par Claude de Frayssinet In, « Poésie espagnole. Anthologie 1945 – 1990, » Actes Sud / Editions Unesco, 1995 Du même... [Lire la suite]
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09 juillet 2019

André du Bouchet (1924 – 2001) : Ici en deux

             ICI EN DEUX                                        .... que                tu te déplaces                alors ... [Lire la suite]
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08 juillet 2019

Michel Leiris (1901 – 1990) : Les pythonisses

  Les pythonisses    Les lampes à gaz qui brûlent au fronton des bâtiments industriels éclairent parfois des eaux froides et vertes comme la menthe minces filets coulant avec un maigre bruit le long des trottoirs pour enjoliver de leur ruban liquide les contours souvent sans grâce de la pierre   Un reflet éclate dans le ruisseau et c'est ce choc signe de l'étreinte ensorcelée de la lumière et de sa réplique        rampante en marche le long de toutes les rues vers la... [Lire la suite]
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07 juillet 2019

Xavier Grall (1930 – 1981) : Son âme dans le couloir

  Son âme dans le couloir               Il a mis son âme dans le couloir, avec l’horloge, les manteaux et les haillons. Il ne partira pas. Il ne partira plus jamais.             Son âme dans le couloir gît, veuve des voyages et pèlerinages qui ne le verront pas cueillir les oranges de Californie, les mangues de Ceylan, boire les vins guerriers et mystique des Espagnes.   ... [Lire la suite]
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06 juillet 2019

Pierre Minet (1909 – 1975) : Abandonnés

  Abandonnés...   Abandonnés à la bienfaisance du sol Qui achève notre marche, Mollement écrasés, disjoints... Nous nous éterniserons...   Au-dessus bavarderont d’autres joies D’autres heures fragiles... D’autres cœurs, d’autres chairs enfleront Sous l’amour... La lumière, les nuits seront toujours palpées par le rêve, les yeux, le bonheur dureront...   Emiettés Sillonnés par la marche annelée des vers Nous nous éterniserons...   Des âges téméraires L’Ether Vague, Toulouse, 1989 Du même... [Lire la suite]
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