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Télégrammes de désir à Sanaâ

 

Premier :

Chaque jour, lorsque je donne loisir à mon esprit

     de déposer ses soucis,

quand je m’embarque sur les vaisseaux des souvenirs,

je te vois montante, tel le sang dans mes veines,

                              telle un arbre dans mon sang...

et je vois les murailles des remparts qui nous séparaient

                   s’effriter

     nos bras se rencontrer

et nos corps se jeter dans l’étreinte.

*

Deuxième :

Chaque soir, au moment où la nuit ramène

          le corps de mes désirs

de mon corps s’échappe l’oiseau du désir

          il vole solitaire vers Sanaâ

et revient peu à peu avant le matin.

Sur ses yeux, de la terre de la séparation, une blessure

          et dans le cœur un visage ensanglanté

     la frange des plumes humides de larmes

et saupoudrée de la cendre de l’amour.

*

Onzième :

Nous nous sommes rapprochés, nous nous sommes éloignés

Nous nous sommes éloignés, nous nous sommes rapprochés

     et depuis que notre proximité est devenue distance

                              et notre distance proximité

   et depuis que notre sang ne supporte pas la séparation

   et que mon cœur n’accepte pas d’être loin de toi

                                   je me suis consumé...

 

 

Traduit de l’arabe par un collectif

In, « Poèmes de la révolution yéménite »

Editions Encres vives,31770, Colomiers, 1979

Du même auteur : « La nuit prisonnière ... » (11/06/2018)