31 mai 2019

Anacréon / Ἀνακρέων (vers 550 – vers 464 av. J. C.) : « Oui, mes tempes déjà sont grises... »

  Oui, mes tempes déjà sont grises, Mes cheveux sur mon front sont blancs ; Jeunesse, auprès, n’est plus assise, Et l’on a vu vieillir mes dents. Pour goûter la douceur de vivre, Ah ! je n’ai plus beaucoup de temps : Moi qui ai peur de l’autre rive, Je m’en désole bien souvent. Le gouffre funèbre m’effraie, Triste est la route qui descend : Il n’est pas près de remonter, Non, celui-là qui la descend.   Traduit du grec par Robert Brasillach in, « Anthologie de la poésie grecque »... [Lire la suite]
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30 mai 2019

Hector de Saint – Denys – Garneau (1912 – 1943) : « Nous avons attendu de la douleur... »

    Nous avons attendu de la douleur qu’elle modèle notre figure                                         à la dureté magnifique de nos os Au silence irréductible et certain de nos os Ce dernier retranchement inexpugnable de notre être qu’elle tende à nos os clairement la peau de nos figures La chair lâche et troublée de nos... [Lire la suite]
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29 mai 2019

Catherine Pozzi (1882 – 1934) : Maya

  Maya   Je descends les degrés de siècles et de sable Qui retournent à vous l’instant désespéré Terre des temples d’or, j’entre dans votre fable           Atlantique adoré.   D’un corps qui ne m’est plus que fuie enfin la flamme L’Âme est un nom chéri détesté du destin — Que s’arrête le temps, que s’affaisse la trame, Je revins sur mes pas vers l’abîme enfantin.   Les oiseaux sur le vent dans l’ouest marin s’engagent, Il faut voler, bonheur, à... [Lire la suite]
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28 mai 2019

Maria Victoria Atencia (1931 -) : Une brise / Una brisa

  Une brise   Avec un imprévisible accord au creux de l’été, dans la sotte torpeur du profond de la sieste, une brise parcourt ma nuque et mon dos. Je me plie au savoir de son enveloppant office et m’abandonne au sommeil, tandis que le soir brûle dans l’impassible flamme qui ne consent aucune trêve.   Traduit de l’espagnol par Claude de Frayssinet In, « Poésie espagnole, Anthologie 1945 – 1990 » Actes Sud /Editions Unesco, 1995 De la même auteure : Le pain dur / El duro pan (11/05/2016) ... [Lire la suite]
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27 mai 2019

Jean de La Croix / Juan de La Cruz (1542 - 1591) : Flamme vive d’amour / llama de amor viva

  Flamme vive d’amour        Ô vive flamme, ô sainte ardeur, Qui par cette douce blessure, Perce le centre de mon cœur  : Maintenant ne m’étant plus dure, Achève et brise si tu veux Le fil de ce rencontre heureux.        Ô plaie d’extrême douceur, Plaie toute délicieuse, Mignarde main, toucher flatteur, Qui sent la vie bienheureuse, Qui fais notre acquis en payant, Qui donne la vie en tuant.        Ô Lampes des feux lumineux, Dans... [Lire la suite]
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26 mai 2019

Patrice de La Tour du Pin (1911 – 1975) : Laurence endormie

  Laurence endormie Cette odeur sur les pieds, de narcisse et de menthe Parce qu’ils ont foulé dans leur course légère, Fraîches écloses, les fleurs des nuits printanières, Remplira tout mon cœur de ses vagues dormantes ;   Et peut-être très loin sur ces jambes polies, Tremblant de la caresse encor de l’herbe haute, Ce parfum végétal qui monte, lorsque j’ôte Tes bas éclaboussés de rosée ou de pluie ;   Jusqu’à cette rancœur du ventre pâle et lisse Où l’ambre et la sueur divinement se mêlent Aux... [Lire la suite]
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25 mai 2019

Angèle Vannier (1917 – 1980) : « Je suis née de la mer... »

  Je suis née de la mer et ne le savais plus Trop de pavots avaient maculé mes pieds nus Les soirs où les bergers m'appelaient dans la ronde Pour passer le furet de ma main dans leurs mains Furet des bois jolis furet des vieux jardins.   Je suis née de la mer et ne le savais plus Trop de chênes avaient appris à mon corps nu Cette haute caresse où l'écorce connaît La façon d'arracher aux jeunes filles blondes Des gouttes de bonheur de quelque sainte plaie.   Je suis née de la mer et ne le savais plus ... [Lire la suite]
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24 mai 2019

Louis Aragon (1897 – 1982) : La beauté du diable

  La beauté du diable   Jeunes gens le temps est devant vous comme un cheval échappé Qui le saisit à la crinière entre ses genoux qui le dompte N'entend désormais que le bruit des fers de la bête qu'il monte Trop à ce combat nouveau pour songer au bout de l'équipée   Jeunes gens le temps est devant vous comme un appétit précoce Et l'on ne sait plus que choisir tant on se promet du festin Et la nappe est si parfaitement blanche qu'on a peur du vin Et de l'atroce champ de bataille après le repas des noces ... [Lire la suite]
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23 mai 2019

Adonis (1930 -) / أدونيس : Chronique des branches

Chronique des branches   MIROIR POUR ORPHEE Ta lyre mélancolique, Orphée, Ne peut changer notre levain. Elle ne sait façonner pour la bien-aimée captive Dans la cage des morts Un lit d’amour alangui, Ni bras ni tresses.   Orphée, il meurt, celui qui doit mourir, Le temps qui court dans tes yeux Trébuche, et entre tes mains Se brise la lyre.   Je te vois maintenant, tête qui glisse Entre les rives. Toute fleur est chant Et l’eau une voix.   Je t’entends maintenant, je t’aperçois, Ombre libérée... [Lire la suite]
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19 mai 2019

Paul Eluard (1895 – 1952) : A perte de vue dans le sens de mon corps

  A perte de vue dans le sens de mon corps   Tous les arbres toutes leurs branches toutes leurs feuilles L’herbe à la base des rochers et les maisons en masse Au loin la mer que ton œil baigne Ces images d’un jour après l’autre Les vices les vertus tellement imparfaits La transparence des passants dans les rues de hasard Et les passantes exhalées par tes recherches obstinées Tes idées fixes au cœur de plomb aux lèvres vierges Les vices les vertus tellement imparfaits La ressemblance des regards de permission... [Lire la suite]
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