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Laurence endormie


Cette odeur sur les pieds, de narcisse et de menthe

Parce qu’ils ont foulé dans leur course légère,

Fraîches écloses, les fleurs des nuits printanières,

Remplira tout mon cœur de ses vagues dormantes ;

 

Et peut-être très loin sur ces jambes polies,

Tremblant de la caresse encor de l’herbe haute,

Ce parfum végétal qui monte, lorsque j’ôte

Tes bas éclaboussés de rosée ou de pluie ;

 

Jusqu’à cette rancœur du ventre pâle et lisse

Où l’ambre et la sueur divinement se mêlent

Aux pétales séchés au milieu des dentelles

Quand sur les pentes d’ombre inerte mes mains glissent,

 

Laurence … jusqu’aux flux brûlants de ta poitrine,

Gonflée et toute crépitante de lumière

Hors de la fauve floraison des primevères

Où s’épuisent en vain ma bouche et mes narines,

 

Jusqu’à la senteur lourde de ta chevelure,

Eparse sur le col comme une étoile blonde,

Où tu as répandu tous les parfums du monde

Pour assouvir enfin la soif qui me torture !

 

 

La Quête de joie

Editions de la tortue, Paris, 1933

 

Du même auteur :

Enfants de Septembre (06/01/2014)

Prélude (06/01/2015)

La quête de joie (05/04/2016)

Légende (04/04/2017)

Laurence printanière (04/04/2018)