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Opelousas

 

Je vous écris du cœur profond

de la Louisiane

                    désolée

de tant de mousse

                         en pleurs

parmi les cyprès avortés

des marécages d’ombre

aux fétides effervescences.

Des fantômes de masure

se lamentent

                 sur les berges

dans une langue d’autrefois.

Un fade relent de plumage

et de tortues ensevelies

suinte

du ventre des vasières.

J’ai vu des essaims de fourmis

ivres

de l’agonie d’un cerf

au couchant d’un lourd soleil

vert de gris

entre les arbres morts

                             de pluie

                                          de blues

                                                        et de fatigue

au cœur spongieux

de la Louisiane.

 

Foghorn,

Editions René Debresse, 1951

Du même auteur :

La prison de Socrate (13/10/2014)

Un long voyage (13/10/2015)

Ensérune (15/05/2018)