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Le Pacte qui me reste

 

Comment rendre à ma vie la lumière

du matin, les larmes nocturnes,

la frayeur de la mer, les silences du merle,

le temps d’un soirée interminable ?

 

Et comment rendre leurs différences

à la douleur et au bonheur,

et les aimer tous deux d’égale façon

car ne sont-ils pas le piment de la vie ?

 

Quand l’âge devient un naufrage,

que le jour est un pétale,

et qu’il reste peu de roses,

il est impossible que le monde soit exhumé.

 

Trouve-toi deux yeux, évidemment jeunes,

et découvre avec eux le monde que tu as perdu.

Ils te regardent, et ce monde renaît en toi.

 

Traduit de l’espagnol par Claude de Freyssinet

In, « Poésie espagnole. Anthologie 1945 – 1990 »

Actes Sud / Editions Unesco, 1995 

Du même auteur :

Se regardant dans la fumée / Mirándose en el humo (11/05/2017)

Quand je suis encore la vie / cuando yo aún soy la vida.(11/05/2018)