30 avril 2019

Alfred Jarry (1873 – 1907) : Madrigal

  Madrigal   Ma fille - ma, car vous êtes à tous, Donc aucun d'eux ne fut valable maître, Dormez enfin, et fermons la fenêtre : La vie est close, et nous sommes chez nous.   C'est un peu haut, le monde s'y termine Et l'absolu ne se peut plus nier ; Il est si grand de venir le dernier Puisque ce jour a lassé Messaline.   Vous voici seule et d'oreilles et d'yeux. Tomber souvent désapprend de descendre. Le bruit terrestre est loin, comme la cendre Gît inconnue à l'encens bleu des cieux.   ... [Lire la suite]
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29 avril 2019

Joseph Brodsky / Иосиф Александрович Бродский (1940 -1996) : « Le grand Hector gît... / « Великий Гектор стрелами убит... »

  Sonnet   Le grand Hector gît, percé de flèches, son âme flotte sur les eaux noires, les buissons gémissent, les nuages se meurent et là-bas, dans le silence, Andromaque pleure.   Ajax traverse le crépuscule triste, les genoux ployés dans le ruisseau transparent, et la  vie s’envole de ses yeux ouverts à la poursuite d’Hector, le flot bat sa poitrine, l’obscurité trouble son regard sans fond à travers les vagues et les buissons, l’eau étreint ses hanches, sa lourde épée tourbillonne dans le... [Lire la suite]
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28 avril 2019

Alain Mabanckou (1966 -) : « L’horizon appelle...

  L’horizon appelle l’horizon aucun espace n’immobilise le songe chaque instant de repos fermente déjà le déplacement   il est des endroits où l’herbe et la pierre se concertent défigurent le relief mais l’endurance du nomade l’emporte   l’immensité demeure un affront   Les arbres aussi versent des larmes Editions de l’Harmattan, 1997 Du même auteur : A ma mère (28/03/2015)  « j’emprunte à l’oiseau… » (29/04/2018)
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27 avril 2019

Claude Vigée (1921-) : « Depuis l’origine... »

  « Depuis l’origine toute l’eau s’est évaporée. La fêlure est dans l’os. Dehors sur la sphère aplatie et sèche de la terre c’est un craquèlement d’argile désertique – ruche d’abeilles mortes, engluées dans leur miel ; la cire s’est muée en alluvions opaques, croûte d’excréments perforée d’alvéoles scellés. Monde de sourds-muets. Chacun, sans la parole, est un juge effrayant pour l’autre qui l’annule. Un meurtrier se tapit derrière chaque fenêtre. Ni pain, ni syllabes complices à rompre en compagnie face... [Lire la suite]
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26 avril 2019

Paul Claudel (1868 – 1955) : Verlaine

  Verlaine   I Le faible Verlaine        L’enfant trop grand, l’enfant mal décidé à l’homme, plein de secrets et plein de menaces,      Le vagabond à longues enjambées qui commence, Rimbaud, et qui s’en va de place en place,      Avant qu’il n’ait trouvé là-bas son enfer aussi définitif que cette terre le lui permet,      Le soleil en face de lui pour toujours et le silence le plus complet,      Le voici... [Lire la suite]
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25 avril 2019

José Hierro (1922 – 2002) : « J’aimerais, ce soir... / Quisiera esta tarde... »

  J’aimerais, ce soir, ne pas haïr ne pas charger mon front de nuages sombres. Je voudrais que mon regard fût plus clair et pouvoir le poser, calme, sur le lointain...   Il doit être si beau de pouvoir dire : « Je crois à ce qui existe et même à ce qui peut-être n’existe pas aux choses qui peuvent me sauver, même si j’ignore leur nom : je connais le fruit doré de la joie. »   Ce soir, j’aimerais ne pas haïr, me sentir léger, chantant, être le vent qui berce les épis. Je regarde au... [Lire la suite]
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24 avril 2019

Ribemont–Dessaignes (1884 – 1974) : « Ils sont revenus, les morts... »

  Ils sont revenus, les morts, tous les morts de la vie, Ils sont revenus, je les ai vus, en grande colonne. A travers le printemps, traînant leur bagage, Et devant eux marchait le bourreau, Grand, large et gros, avec tant de chair autour de ses os, Comme un sac de farine, comme un sac plein d'abats, Avec son odeur de bourreau qui sent le suint et l'eau de Cologne, Et qui semble son propre bagage, Et qui pourtant portait son bagage. Ils allaient à travers les jardins, et chantait un oiseau, A travers les chemins, et... [Lire la suite]
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23 avril 2019

Rabindranath Tagore (1861 - 1941) / রবীন্দ্রনাথ ঠাকুর : « Poète, le soir approche ... »

  Poète, le soir approche ; tes cheveux grisonnent.      Entends-tu pendant tes rêveries solitaires le message de l’au-delà ?      C’est le soir, dit le poète, j’écoute : quelqu’un peut appeler du village, malgré l’heure tardive.      Je veille : Deux amoureux se cherchent. Leur cœur les guidera-t-il sûrement ? — Les cœurs errants de deux jeunes amants se rencontreront-ils ; leurs yeux ardents mendient une harmonie d’amour qui... [Lire la suite]
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22 avril 2019

Francis Picabia (1879 – 1953) : Des perles aux pourceaux

  Des perles aux pourceaux   Mon amie   Merci je prépare un cyclone Pour faire rire les yeux de mon amie Elle a beau ne rien craindre il faut l’effrayer pour ne pas avoir peur... En temps normal je chasse le chien dans les plaines où les crabes de prairies ne vont plus à la messe ! Mon ami crache à terre Et voilà tout.   Poème d’Espérance   Son regard m’amuse comme une porte que l’on pousse sur un parc rouillé. Citron du soleil qui tombe. elle passe comme le hérisson en boule ... [Lire la suite]
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20 avril 2019

Paul Dirmeikis (1954 -) : « Pas d’avantage que d’aucuns ... »

  mardi 12 juin 2012   ... [Lire la suite]
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