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Trois aubes

 

I. Chanson

 

Tissus de l’amour-dieu

     la « feuille jaunissante »

et l’élan vers

le rien au jour le jour,

et le grand ire au cœur

de la grièche

et la peau grivelée

                    de nos soucis

de l’un

pour l’autre sous

la canicule, j’ai

fermé les yeux

     pour vous, dès lors

dans notre enceinte,

il dit il ne dit pas, et si

j’épouse la

respiration de ce sommeil, si je

               me love dans son cercle,

il est

notre reconnaissance à nous

pour l’âge même.

 

repris 24 août 16

 

 

II

Autre chanson

 

                              et si

de ce matin troisième

la douceur angevine

                   ou peu s’en faut,

si, comme je respire

en pente douce

                    avant

l’accablement du jour,

après

l’oubli, la nuit, de cette errance vers

une fenêtre qui se dérobait

                              trois fois de suite,

ou juste un chien jappait, de plus

en plus, sans doute

                    épuisé, la

craie sur l’ardoise noire

en guise de

pendule, si,

maintenant, je vous berce dans

                                   ce souffle, les 

yeux se referment, seule au monde.

 

27août 16

 

III

Comme à l’issue d’un vaste

     effort, d’une, comme on dirait

récalcitrance,

obstinée, frénétique

                    à se laisser

dissoudre par le bleu

de l’air inarrêtable, par

le rauque dans

     sa hauteur pure, par

l’inspire-expire, ô patrimoine

exsangue, le

corps au grand jour

là, et l’ahan,

telle, plissant les yeux orange-rouge

est la minute – pas

   une minute entière – sur

le dos quand la respiration

vient des épaules, les

os s’ouvrent, c’est

là que se glisse le visage.

30 août – 1er sept. 16

 

Revue « Babel heureuse N° 1, mars 2017 »

Gwen Catalá, éditeur, 31000 Toulouse