1311482_Christine_de_Pisan_1_

 

Apprenez-moi, doux ami,

S’il est vrai ce que j’ois dire,

Que d’ici la Saint Remy

Devait aller en l’Empire,

En Allemagne bien loin

Demeurer, comme j’entends,

Quatre mois ou trois du moins ?

Hélas ! que j’aurai mautemps !

 

Ne pourrait jour ni demi

Sans vous voir rien me suffire

Et quand vous serez de mi

Eloigné, quel dur martyre !

De mourir me fut besoin

Mieux que le mal que j’attends ;

Ronger me faudra mon frein.

Hélas ! que j’aurai mautemps !

 

Mon cour partira par mi

Au dire adieu, j’en soupire

Souvent et de deuil frémis,

Car je fondrai comme cire

Des soucis et des grands soins

Que pour vous aurai partant.

Si je vous perds de tous points,

Hélas ! que j’aurai mautemps !

Du même auteur :

La fille qui n’a point d’ami (03/12/2015) 

« Seulette suis… » (03/12/2016)

Je ne sais comment je dure (03/12/2017)