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Les  années  s’allient  et  s’annulent     L’instant      à   la

réflexion     peut toujours revenir sur ses pas   tandis que

moi   je serai repartie  pour  d’autres  instants  tout aussi

irréfléchis

 

 

Villes  entières     allées     rues  et  ponts ne s’écroulent

point sous la gravité de ces départs   Les objets résistant

à l’absence des êtres     Déjà le jour a changé    Les murs

en  s’attendant  à  ce  que  les  disparus reviennent      se

contentent      pour  l’instant     des revenants  taciturnes

 

 

Le lieu depuis longtemps hanté d’un visage qui n’a plus

de corps     des yeux sans visage     d’un creux sans yeux

d’une fissure sans creux    d’un tissu sans fissure   d’une

cicatrice  exsangue

 

Ni un cataclysme      ni la moindre des chose     Juste ce

qu’il faut pour reconnaître   la perte précise d’une chose

précieuse et     le fait établi      pour se remettre en route

Et  puis      la  réalité d’une table à écrire      de  la  table

immatérielle qui me suit où que j’aille      éclairée d’une

lumière  solide  dont  la  substance  ne  peut  pas  ne  pas

rester identique à elle-même

 

Le triomphe de la neige dans ce pays du soleil

 

 

A force d’y vivre     on s’accoutume à habiter la maison

des batailles livrées sans trêve       aux  sons  du  clairon

aux  nues de la poussière       à l’accaparement  du  bruit

indécent dans ce lieu du silence

 

Au fond       ce n’est pas vous  qui seriez  touchés à fond

par la grâce du supplice

 

Je peux attendre     D’une voix blanche :  j’ai  tout  mon

temps

 

 

Pluie fine en plein nuit

 

 

Paralysé en présence d’autrui     néant à l’état splendide

de l’isolement  à quoi tient enfin ce qui se cherche cons-

tamment dans une solitude peuplée

 

 

Transparent par soi-même