22 février 2019

Tristan Tzara (1896 – 1963) : « la tête rampe... »

  Poème   la tête rampe entourée d’échos sur la trace des beuglements fumigènes que les volcans ont sillonnés le long des migrations de prospecteurs là-haut où tout n’est que pierre et fragile gazouillis d’inconsolés soleils suivi l’anémique viaduc débouche dans l’entonnoir de chaux de la vallée cravatée      de portails et la faune métallique grouille amèrement dans la mare de rouille et de fourrure   fragile gazouillis d’inconsolés soleils – remous de dunes dures à craquer – les... [Lire la suite]
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21 février 2019

François Pétrarque / Francesco Petrarca (1304 - 1374) : « La vie fuit... » / « La vita fugge... »

    La vie fuit et s’en va ni ne s’arrête une heure Et à marches forcées la mort nous traque et suit Et présent et passé aussi bien que futur Se liguent contre moi pour me livrer combat.   Et me voilà navré tour à tour et autant Par l’attente de l’un, le souvenir de l’autre. J’aurai tôt fait déjà d’être de ces pensées Délivré, si de moi je n’avais eu pitié.   Eprouva-t-il jamais mon cœur mélancolique Les douceurs de la vie ? Il m’en souvient encore. Mais je vois devant moi les vents troubler ma... [Lire la suite]
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20 février 2019

Mang Ke /芒克 (1951 -) : Terre gelée

  Terre gelée   Cortège mortuaire, nuages funéraires le fleuve lentement remorque le soleil étire la surface de l’eau coulée d’or calme immense pitoyable étendue de fleurs fanées 1973   Traduit du chinois par Chantal Chen-Andro In, "Le Ciel en fuite. Anthologie de la nouvelle poésie chinoise" Editions Circé, 2004 Du même auteur : Le temps sans le temps (20/02/2015) Poème de l’offrande à l’automne (20/02/2016) Vent à fleur d’eau (20/02/2017 Crépuscule (20/02/18)
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19 février 2019

Antonio Ramos Rosa (1924 – 2013) : La maison / A casa

  La maison   Un souffle apaisé dans la pénombre de bois. La maison s’est endormie, elle vit dans une tranquille pulsation. J’entends le martèlement léger des touches de l’ombre. Un plat en cuivre brille vertical dans l’obscurité. La table est ronde, claire, cercle de l’harmonie. Sur un mur glissent de scintillantes arabesques. Le temps secrète des syllabes d’argile et d’écume.   Traduit du portugais par Michel Chandeigne in « Les poètes de la Méditerranée. Anthologie » Editions Gallimard... [Lire la suite]
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18 février 2019

Théodore Agrippa d’Aubigné (1552 – 1630) : « Les rois, qui sont du peuple... »

  Les rois, qui sont du peuple et les rois et les pères Du troupeau domestique sont les loups sanguinaires ; Ils sont l’ire allumée et les verges de Dieu, La crainte des vivants ; ils succèdent au lieu Des héritiers des morts ; ravisseurs de pucelles, Adultères, souillant les couches des plus belles Des maris assommés, ou bannis pour leur bien, Ils courent sans repos, et quand ils n’ont plus rien Pour souler l’avarice, ils cherchent autre sorte Qui contente l’esprit d’une ordure plus forte. Les... [Lire la suite]
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17 février 2019

Samih al-Qâssim (1939 – 2014) /سميح القاسم : Au vingtième siècle

  Au vingtième siècle   J’ai appris à ne pas haïr des siècles durant mais on m’a obligé à brandir une flèche permanente à la face du python à brandir une épée de feu à la face du Baal dément à devenir l’Elie du vingtième siècle j’ai appris des siècles durant à ne pas proférer d’hérésies aujourd’hui je cingle les dieux qui étaient dans mon cœur les dieux qui ont vendu mon peuple au vingtième siècle j’ai appris des siècles durant à ne pas fermer ma porte devant les hôtes mais un jour j’ai ouvert les... [Lire la suite]
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16 février 2019

Hatim al-Tai (? - 528) /حاتم بن عبد الله بن سعد الطائي : Tel je suis

  Tel je suis   Ô Mawia, les biens de ce monde accordés passent ainsi que des voyageurs attardés, arrivent le matin et nous quittent le soir ; ne restent que leur souvenir dans les veillées.   Ô Mawia, le mendiant qui vient implorer notre secours, jamais nous ne lui répondons : Va ton chemin, nous sommes vraiment trop pauvres pour te donner parcelle de notre bien.   Ô Mawia, quand après ma mort la chouette ira voleter tout autour de mon tombeau, assoiffé sous la terre, aurai-je auprès de... [Lire la suite]
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15 février 2019

Jan Erik Vold (1939 -) : Le poème des flocons de neige

  Le poème des flocons de neige   Rien ne vient de rien, comme quand un ruisseau devient   une rivière qui se jette dans l’océan, d’où   l’eau monte en vapeur, tombe en flocons   de neige et redevient ruisseau rivière océan, tu sais – de   rien en rien, comme si rien ne s’était passé.   Traduit du norvégien par Jacques Outin in, «La Norvège est plus petite qu’on ne le pense »  Le Castor Astral éditeur, 1991
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14 février 2019

Yorgos Markopoulos / Γιώργος Μαρκόπουλος (1951 -) : « Mer en hiver... »

  Mer en hiver délaissée des humains.   Asseyons-nous là un instant, bien sages. Comme dans l’enfance à la fête de l’école. Comme les invités dans la cour aux fiançailles de grand-mère, un dimanche de juin 1930. Comme les deux étrangers à la gare de Corinthe avant de s’aimer derrière des caisses de bière vides et le phono abandonné, sans se rendre compte, une demi-heure avant leurs trains, et disparaître à jamais.   Mer en hiver délaissée des humains.   Nous qui avons tant souhaité la sérénité, ... [Lire la suite]
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13 février 2019

Bernart de Ventadorn (1125 – 1200) : « Quand l'herbe fraîche... / « Can l'erba fresch'... »

       Quand l'herbe fraîche et la feuille naissent       Et la fleur bourgeonne au verger      Et le rossignol haut et clair       Lève sa voix et moud son chant  Joie ai de lui et joie ai de la fleur  Et joie de moi, de ma dame plus encore ; De toutes parts suis de joie clé et sens. Hélas d’elle est joie d’où toutes autres joies viennent.           Hélas comme meurs... [Lire la suite]
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