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Tel je suis

 

Ô Mawia, les biens de ce monde accordés passent

ainsi que des voyageurs attardés,

arrivent le matin et nous quittent le soir ;

ne restent que leur souvenir dans les veillées.

 

Ô Mawia, le mendiant qui vient implorer notre secours,

jamais nous ne lui répondons :

Va ton chemin, nous sommes vraiment trop pauvres

pour te donner parcelle de notre bien.

 

Ô Mawia, quand après ma mort la chouette

ira voleter tout autour de mon tombeau,

assoiffé sous la terre, aurai-je auprès de moi

les trésors que la vie m’aura laissé amasser ?

 

Je disposerai donc de toutes mes richesses

en faveur de ceux qui en auront besoin ;

ma faim étant apaisée, elles deviendraient

une masse inutile auprès de moi laissée...

 

De longs jours nous avons supporté la misère

et gémi sous le poids de l’humiliation :

le siècle dur nous a fait boire en ces deux coupes.

A présent notre cœur nous pousse à partager.

 

Traduit de l’arabe par René R. Khawam

in, « La poésie arabe des origines à nos jours »

Editions Phébus, 1995