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Mer en hiver délaissée des humains.

 

Asseyons-nous là un instant, bien sages.

Comme dans l’enfance à la fête de l’école.

Comme les invités dans la cour aux fiançailles

de grand-mère, un dimanche de juin 1930.

Comme les deux étrangers à la gare de Corinthe

avant de s’aimer derrière des caisses de bière vides

et le phono abandonné, sans se rendre compte,

une demi-heure avant leurs trains, et disparaître à jamais.

 

Mer en hiver délaissée des humains.

 

Nous qui avons tant souhaité la sérénité,

nous voilà traînant dans les avenues sans lit

les yeux rougis par l’insomnie.

 

Traduit du grec par Michel Volkovitch

in « Anthologie de la poésie grecque contemporaine, 1945 – 2000 »

Editions Gallimard (poésie), 2000

Du même auteur :

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