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Parfois très tard dans la nuit

je me mets à jouer. Que faut-il de plus à l’homme. Il

a besoin de si peu  pour survivre

 

ici-bas, sans parler de mondes meilleurs,

qui l’attendent peut-être dans un avenir caché. Sûrement,

si peu. Mes mains exercées

 

glissent sur les touches et je joue. Oh, si

je savais jouer. Mais on peut ainsi. Je n’ai pas la jalousie de Saül.

Il faut si peu à l’homme pour retrouver la paix

 

nocturne cette nuit. Tu sembles presque sauvé, pour

vivre ici de même, dans ce printemps, dans cette sacrée bande du

      commencement :  Dieu

l’arbre, la pomme, Eve, le serpent.

 

Traduit de l’hébreu par Michel Eckhard et Benyamin Ziffer

Revue « Poésie1, N° 116, Mars-Avril 1984 »

Le Cherche-Midi éditeur, 1984

Du même auteur : La lamentation sur Daniel dans la terre (12/02/2018)