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Mistapéo, l’âme de la Tierra

 

Ninakamum tshetshi petuikan

je chante pour que tu m’entendes

voilà ce que mon Mistapéo te dit

Je marche sur la pointe des arbres

pour que tu me voies

je vole seulement quand je dors

le ciel est d’un bleu violet

ma voix n’est pas la mienne

elle est faite du grand mystère

 

natuta neme ninakamum

entends entends les bruits

je suis comme l’arbre au printemps

que le vent assaille avec douceur

je m’accote contre la mer

elle est froide là d’où je viens

j’aime penser qu’elle voyage

 

tu m’appelles eau

mais je suis rivière

tu m’appelles arbre

mais je suis forêt

 

l’eau faut un bruit puissant

qu’elle soit salée ou douce

 

l’arbre pousse en silence

mais tu l’entends quand

le vent souffle sur lui

 

Il y a un feu sacré

qui crépite sur les morceaux de lumière

je l’entends car le gardien du feu

me raconte sa vie

 

Il y a un son dans le mot bruit

un peu comme l’absence du silence

quand le temps est venu pour nous

d’entendre notre propre silence

 

mes yeux entendent la lumière

qui arrive naturellement sur mes mains

je suis assise avec mon esprit

seulement pour écouter

 

j’entends une voix autour de moi

et je touche le vent

ce grand vent animé par les ailes du printemps

il ramène les outardes chez moi

 

nous ferons du bruit en silence

nos hommes guetteront leur arrivée

nous mangerons en riant

nous pleurerons de joie

 

 

Et que le Grand Esprit vous protège !

 

In, Revue « Hopala !, N°43, septembre-novembre 2013 »

29000 Quimper, 2013

Du même auteur :

Un peuple sans terre (12/02/2017)

Aide-nous, grand-père / Uitshinan Nimushum (08/02/2018)