22 janvier 2019

Marguerite de Navarre (1492 – 1549) : « Las ! tant malheureuse je suis ... »

  Las ! tant malheureuse je suis, Que mon malheur dire ne puis, Sinon qu'il est sans espérance : Désespoir est déjà à l'huis (*)          (*) porte Pour me jeter au fond du puits Où n'a d'en saillir apparence.   Tant de larmes jettent mes yeux Qu'ils ne voient terre ni cieux, Telle est de leur pleur abondance. Ma bouche se plaint en tous lieux, De mon coeur ne peut saillir mieux Que soupirs sans nulle allégeance (*).    (*) soulagement   ... [Lire la suite]
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21 janvier 2019

Ananda Devi (1957 -) : « Je ne vous connais pas ... »

  Je ne vous connais pas J'ignore jusqu'à votre nom Votre visage m'est étrange Balafré de sa rage   Quand vous déchirerez ma page Vous saurez qui j'étais Un trou, un remous Un déchet sur un rêve   Vous le maître de nos destins Dont je ne connais pas le nom D'où vous vient cette colère Cette fureur sans pardon ?   J'ai eu beau fuir Vous me ramenez Me tirant par mes cheveux Comme la dernière des damnées.   Quand la nuit consent à me parler Editions Bruno Doucey, 2011 Du même... [Lire la suite]
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20 janvier 2019

Felix Grande (1937 – 2014) : « S’asseoir ici ... » / « Sentarse aquí ... »

  S’asseoir ici, à l’heure où l’après-midi s’achève. Sentir que la distance s’incorpore à la conscience ; là, où l’éternité résonne. Regarder. Et à présent, s’acquitter de ce métier, si profond : toujours regarder, regarder le monde, y songer, l’aimer, aimer, songer, aimer. Voir la colline ; la voir vraiment. Le mont, le chemin, la terre, le genêt : tout voir... Voir la leçon de l’horizon : son sourire de flamme. Pourquoi cet éclat de l’après-midi ? Est-ce la vielle pulsation du... [Lire la suite]
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19 janvier 2019

Norge (1898 – 1990) : Louange d’une source

  Louange d’une source   Dans le matin hésitant où l'écoulement des heures ne vibre pas encore, J'ai reconnu les rieuses voyelles que prononçait ma fontaine . J'ai reconnu ma source chère, qui jamais ne dort ou ne rêve, Mais qui est née pour chanter et pour fuir . Je l'ai caressée de mes mains comme une douce bête, Une bête des bois à la profonde fourrure . Les graminées se balançaient dans le bonheur d'un vent faible . Au pied des chênes, un peu de nuit s'enroulait encore comme du lierre, L'oiseau lissait sa... [Lire la suite]
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18 janvier 2019

René-Guy Cadou (1920 – 1951) : L’inutile aurore

  L’inutile aurore   Tout est vain La fenêtre et l’aurore me restent dans la main Les fleuves se disloquent Sur le seuil C’est la mer qui défroisse ses loques Ici La bouche fait lentement son sillon Et l’heure est suspendue aux lèvres du grillon Des larmes Les dernières Mais les brusques tournants de la lumière Les algues déroulées sur le front du couchant La poitrine de l’homme qui tremble au bord du champ Le cœur pris dans la roue Le hurlement des herses Et la douleur qui suit le chemin de traverse Ah... [Lire la suite]
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17 janvier 2019

Jean de La Fontaine (1621 – 1695) : Les obsèques de la lionne

  Les obsèques de la lionne                                 La femme du lion mourut :                 Aussitôt chacun accourut                Pour s'acquitter envers le prince De certains compliments de consolation, ... [Lire la suite]
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16 janvier 2019

Philippe Soupault (1897 – 1990) : « Rien que cette lumière ... »

  Rien que cette lumière que sèment tes mains rien que cette flamme et tes yeux ces champs cette moisson sur ta peau rien que cette chaleur de ta voix rien que cet incendie rien que toi   Cat tu es de l’eau qui rêve et qui persévère l’eau qui creuse et qui éclaire l’eau douce comme l’air l’eau qui chante celle de tes larmes et de ta joie   Solitaire que les chansons poursuivent heureux de ciel et de la terre forte et secrète vivante ressuscitée Voici enfin ton heure tes saisons tes années   ... [Lire la suite]
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15 janvier 2019

Zu Shuzhen / 朱淑真 (1135 – 1180) : En regardant voler les couples d’hirondelles

  En regardant voler les couples d’hirondelles   Un rayon oblique envahit ma chambre solitaire, Déjà le crépuscule assombrit à demi ma porte, Les hirondelles feignent d’ignorer ma si grande tristesse Sous l’auvent de ma demeure, deux par deux, elles tourbillonnent en liberté.   Traduit du chinois par Shi Bo in, «A celui qui voyageait loin. Poèmes d’amour de femmes chinoises, (VIIème – XVIème siècle) » Editions Alternatives, 2000 Du même auteur : Sur l’air « Sheng tsa tse »... [Lire la suite]
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14 janvier 2019

Michel-Ange / Michelangelo Buonarotti (1475 – 1564)) : « Tout ce qui naît ... » / « Chiunche nasce... »

  Tout ce qui naît avec le temps expire ; et le soleil ne laisse en vie nulle chose.   S’évanouissent délices et peines et l’esprit des hommes, et les paroles vaines ; et nos progénitures ne sont plus qu’ombres au soleil, et fumée au vent.   Comme vous, nous fûmes des hommes, tristes et joyeux, comme vous, et à présent nous ne sommes que terre au soleil, exsangues.   Toute chose vient à mourir. Jadis nos yeux étaient intacts, chaque orbite avait sa lumière ; ils sont devenus... [Lire la suite]
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13 janvier 2019

Jean / Hans Arp (1887 – 1966) : Place blanche

  Place blanche   Cette matinée ne place sur mon chemin que des bibelots de la mort. Ce sont des objets futiles, des photographies fanées, des flacons vides, des coquilles ramassées à la mer, un miroir qui reflétait la sérénité, la pureté, la gaieté calme, la clarté que      l’inéluctable ombre a englouti. Je suis envoûté par ces objets, qui appartenaient à des personnes mortes depuis longtemps. Des gestes se détachent de ces objets comme des vapeurs mates, comme des couronnes d’haleine. ... [Lire la suite]
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