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Prison

 

Ils jouent au football

soudaine confusion – la balle

a fait le mur.

*

Ils font souvent du bruit

pour effrayer le temps jusqu’à

ce qu’il trotte plus vite.

*

Des vies mal épelées –

la beauté subsiste sous forme

de tatouages.

*

Quand on reprit le fugitif

il avait les poches pleines

de chanterelles.

*

Le fracas des ateliers

et les pas lourds du mirador

déroutaient la forêt.

*

Le portail s’ouvre en glissant

nous voici dans la cour du pénitencier

dans une nouvelle saison.

*

Les lampes du mur s’allument –

le pilote du vol de nuit voit une tache

de lumière irréelle

*

Nuit – un semi-remorque

passe tout près, les détenus

rêvent en tremblant.

*

Le garçon boit du lait

et s’endort tranquille dans sa cellule

une mère de pierre.

 

Traduit du suédois par Jacques Outin

In, Tomas Tranströmer : Baltiques, Oeuvres complètes 1954 – 2004

Le Castor Astral / Editions Gallimard (Poésie), 1996 et 2004

Du même auteur :

17 poèmes (30/01/2016)

Secrets en chemin (30/01/2017)

Ciel à moitié achevé (30/01/2018)