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Le navire mystique

 

 

Il se sera perdu le navire archaïque

Aux mers où baigneront mes rêves éperdus,

Et ses immenses mâts se seront confondus

Dans les brouillards d'un ciel de Bible et de Cantiques.

 

Et ce ne sera pas la grecque bucolique

Qui doucement jouera parmi les arbres nus ;

Et le Navire Saint n'aura jamais vendu

La très rare denrée aux pays exotiques.

 

Il ne sait pas les feux des havres de la terre,

Il ne connaît que Dieu, et sans fin, solitaire

Il sépare les flots glorieux de l'Infini.

 

Le bout de son beaupré plonge dans le mystère ;

Aux pointes de ses mâts tremble toutes les nuits

L'Argent mystique et pur de l'étoile polaire.

 

1913

 

Premiers poèmes 1913 – 1923

in, « Oeuvres complètes. T.1 »

Editions Gallimard, 1956

Du même auteur :

« Il faut que l’on comprenne que toute intelligence… » (24/01/2014)

Position de la chair (24/01/2015)

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