francisco-quevedo[1]

 

A Rome,

ensevelie sous ses ruines

 

Tu cherches Rome en Rome, ô pèlerin,

Et Rome même en Rome n’aperçois :

Cadavres sont les murs qu’elle montra,

Et tombe de soi-même l’Aventin.

 

Ci-gît, où il régnait, le Palatin ;

Tout élimées du temps, vois les médailles,

Défaites plus encore des batailles

Livrées par l’âge que blason latin.

 

Reste le Tibre, seul, dont le courant,

Ville, la sut baigner, et sépulture,

La pleure d’un funeste son dolent.

 

Ô Rome ! en ta grandeur, en ta parure,

Ce qui est ferme a fui, et seulement

Le fugitif demeure et dure.

 

Traduit de l’espagnol par Claude Esteban

in, « Anthologie bilingue de la poésie espagnole »

Editions Gallimard (La pléiade), 1995

 

A Roma,

sepultada en sus ruinas

 

Buscas en Roma a Roma ¡ oh peregrino !

y en Roma misma a Roma no la hallas :

cadáver son las que ostentó murallas,

y tumba de sí proprio el Aventino.

 

Yace donde reinaba el Palatino ;

y limadas del tiempo, las medallas

más se muestran destrozo a las batallas

de las edades que blasón latino.

 

Sólo el Tíbre quedó, cuya corriente,

si ciudad la regó, ya, sepultura

la llora con funesto son doliente.

 

¡ Oh Roma ! en tu grandeza, en tu hermosura,

huyó lo que era firme, é y solamente

lo fugitivo permanece y dura !

 

Poème précédent en espagnol :

Federico Garcia Lorca : Village / Pueblo (19/12/2018)

Poème suivant en espagnol :

Felix Grande : « S’asseoir ici ... » / « Sentarse aquí ... » (20/01/2019)