200px_____1_Portrait de Bai Juyi par Chen Hongshou

Herbes sur la plaine antique

 

Herbes tendres à travers la plaine,

Chaque année se fanent et repoussent.

Les feux sauvages n’en viennent point à bout,

Au souffle du printemps, elles renaissent.

 

De leurs senteurs, parfument l’antique voie,

Gerbes d’émeraudes dans les ruines anciennes.

Agitées, et frémissantes de nostalgie,

Elles disent adieu au seigneur qui s’en va.

 

Traduit du chinois par François Cheng

In, « Poésie chinoise »

Editions Albin Michel (Les cahiers du Calligraphe), 2000

 

 

Les herbes de la vieille plaine

 

Drues sont les herbes de la plaine.

Une fois l’an elles foisonnent et sèchent.

Le feu sauvage ne peut en venir à bout,

Elles renaissent avec le vent du printemps.

 

Bordant la vieille route jusqu’à l’horizon,

Leur vert touche la muraille déserte,

Une fois encore j’accompagne le voyageur,

Elles m’emplissent du chagrin de l’adieu.

 

Traduit du chinois par Patricia Guillermaz

in, « La poésie chinoise des origines à la révolution »

Editions Gérard & C°, Verviers (Belgique), 1966

 

 

 

Du même auteur :

« Un semblant de fleur... » (29/12/2019)

Regard du soir dans un pavillon au bord de l’eau (29/12/2020)