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Haute et verte l’herbe est drue

mais chaque année se fane et meurt

pour ne revivre qu’au printemps.

Brûlez-la vous ne la détruirez pas,

le vent d’avril lui rendra sa verdeur.

 

Tendre, l’herbe a envahi

les chemins invisibles où les fastes d’antan

se pavanaient en pompe solennelle,

Verte, l’herbe a effacé les ruines

de la cité détruite par la guerre.

Légère dans la brise

l’herbe abolit les princes

et les généraux du passé : et dans sa luxuriance

elle attend le retour inéluctable

du peuple.

 

Adapté du chinois par Alice Arweiler

in, « Pour la paix. Les plus beaux poèmes

réunis et présentés par Francis Combes »,

Messidor, Temps actuels, 1983