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A se stesso

 

Or à jamais tu sommeilles,

si harassé, mon cœur. L’ultime mirage s’est éteint,

qui me faisait croire éternel. Mort. Je le sens bien,

même les rêves les plus chers,

y compris l’espoir, se sont fanés.

Repose pour toujours. Toi

qui a tant palpité. D’aucuns soupirs n’est digne

la terre, ni ne mérite tes ardeurs. Rien

qu’amertume

et ennui, la vie ; et le monde n’est que boue.

Sois en paix désormais. Désespère

en cet instant ultime. A notre espèce le sort

n’a offert que le mourir. Lors, méprise

qui tu es, et la nature et cette force brute

qui règne pour le malheur de l’homme,

et l’infini vanité du Tout.

 

Traduit de l’italien par Carolyne Cannella

in, revue « Babel Heureuse, N°1, mars 2017 »

Gwen Catalá éditeur, 31000 Toulouse, 2017

 

A soi-même

 

Or à jamais tu dormiras,

Cœur harassé. Mort est le dernier mirage,

Que je crus éternel. Mort. Et je sens bien

Qu’en nous des chères illusions

Non seul l’espoir, le désir est éteint.

Dors à jamais. Tu as

Assez battu. Nulle chose ne vaut

Que tu palpites, et de soupirs est indigne

La terre. Amertume et ennui,

Non, rien d’autre, la vie ; le monde n’est que boue.

Or calme-toi. Désespère

Un dernier coup. A notre genre le sort

N’a donné que le mourir. Méprise désormais

Toi-même, la nature, et la puissance

Brute inconnue qui commande au mal commun,

Et l’infinie véracité du Tout.

 

 

Traduit de l’italien par Michel Orcel

in, « Anthologie bilingue de la poésie italienne »

Editions Gallimard (La Pléiade), 1994

 

A soi-même

 

Cesse de battre enfin, ô mon cœur harassé !

Il est mort, et bien mort,

Ce leurre tout dernier que j’avais cru sans fin :

Je ne le sens que trop. Je ne désire plus

Ni même je n’espère

Ces belles illusions qui me furent si chères.

Repose pour toujours : tu n’as que trop battu.

A quoi bon tes élans ?

La terre n’est pas digne d’être regrettée.

Amertume et ennui :

Rien que cela la vie.

Tout est fange et nausée.

Enfin repose-toi.

Ton dernier désespoir, cette fois ou jamais

 

Traduit de l’italien par Sicca Vernier

in, « Poètes d’Italie. Anthologie, des origines à nos jours »

Editions de la Table Ronde, 1999

Du même auteur :

A Sylvia / A Silvia (30/12/2014)

Le coucher de la lune / Il tramonto della luna (20/12/2015)

Le soir du jour de fête /La sera del dì di festa (20/12/2016)

L’Infini / L’Infinito (20/1220/17)

Les souvenirs / Le ricordanze (20/12/2019)

 

 A se stesso

 

Or poserai per sempre,

stanco mio cor. Perì l'inganno estremo,

ch'eterno io mi credei. Perì. Ben sento,

in noi di cari inganni,

non che la speme. Il desiderio è spento.

Posa per sempre. Assai

palpitasti. Non val cosa nessuna

i moti tuoi, né di sospiri è degna

la terra. Amaro e noia

la vita, altro mai nulla; e fango è il mondo.

T'acqueta ormai. Dispera

l'ultima volta. Al gener nostro il fato

non donò che il morire. Ormai disprezza

te, la natura, il brutto

 poter che, ascoso, a comun danno impera,

de l’infinita vanità del tutto.

1833

 

Canti

Felice Le Monnier editore, Firenze, 1845

Poème précédent en italien :

Claudio Achillini: Broderie printanière / Scherza intorno alla primavera (01/11/2018)

Poème suivant en italien :

Michel-Ange / MichelangeloBuonarotti : « Tout ce qui naît ... » / « Chiunche nasce... » (14/01/2018)