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A se stesso

 

Or à jamais tu sommeilles,

si harassé, mon cœur. L’ultime mirage s’est éteint,

qui me faisait croire éternel. Mort. Je le sens bien,

même les rêves les plus chers,

y compris l’espoir, se sont fanés.

Repose pour toujours. Toi

qui a tant palpité. D’aucuns soupirs n’est digne

la terre, ni ne mérite tes ardeurs. Rien

qu’amertume

et ennui, la vie ; et le monde n’est que boue.

Sois en paix désormais. Désespère

en cet instant ultime. A notre espèce le sort

n’a offert que le mourir. Lors, méprise

qui tu es, et la nature et cette force brute

qui règne pour le malheur de l’homme,

et l’infini vanité du Tout.

 

Traduit de l’italien par Carolyne Cannella

in, revue « Babel Heureuse, N°1, mars 2017 »

Gwen Catalá éditeur, 31000 Toulouse, 2017

Du même auteur :

A Sylvia / A Silvia (30/12/2014)

Le coucher de la lune / Il tramonto della luna (20/12/2015)

Le soir du jour de fête /La sera del dì di festa (20/12/2016)

L’Infini / L’Infinito (20/1220/17)

 

 

Or poserai per sempre,

stanco mio cor. Perì l'inganno estremo,

ch'eterno io mi credei. Perì. Ben sento,

in noi di cari inganni,

non che la speme. Il desiderio è spento.

Posa per sempre. Assai

palpitasti. Non val cosa nessuna

i moti tuoi, né di sospiri è degna

la terra. Amaro e noia

la vita, altro mai nulla; e fango è il mondo.

T'acqueta ormai. Dispera

l'ultima volta. Al gener nostro il fato

non donò che il morire. Ormai disprezza

te, la natura, il brutto

 poter che, ascoso, a comun danno impera,

de l’infinita vanità del tutto.

1833

 

Canti

Felice Le Monnier editore, Firenze, 1845

Poème précédent en italien :

Claudio Achillini: Broderie printanière / Scherza intorno alla primavera (01/11/2018)

Poème suivant en italien :

Michel-Ange / MichelangeloBuonarotti : « Tout ce qui naît ... » / « Chiunche nasce... » (14/01/2018)