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Droit de suite

 

I

Où monte la crête de montagne

au-dessus des pentes, par

delà l’intervalle

la cassure pleine de son

drainant les échos

vers le soir de fumier et d’insectes et l’odeur de minerai

l’arête de parpaing effritée ou la longue mâchoire de poils

la chaleur lente d’animal le rouge rouillé de la plante

à ce point de soir et de terre, où

convergent les aines et les jambes

 

où se mêlent sens et son

le goût de fadeur et de fibre

les tiges à hauteur de ventre

le plomb du jour le ton de l’écoute

le gris des mains la mollesse des veines

le sang tombé dans le fond du poignet

la peau fermée et l’impasse des mains

la voix réunie la fonction de fer

le battement de l’artère saignée

le chaud d’aisselle le sel de l’étain

le métal vénéneux à ciel ouvert

la jambe ouverte l’eau de la langue

 

où ceci est noué et séparé

attaché et tiré

 

Couleurs pliées

Editions Gallimard, 1965

Du même auteur :

« Le chemin noir vers l’eau retrouvée… » (14/12/2015)

« Le visage qui va… » (14/12/2016)

Partage des eaux (14/12/2017)