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Sainte

 

À la fenêtre recélant

Le santal vieux qui se dédore

De sa viole étincelant

Jadis avec flûte ou mandore,

 

Est la Sainte pâle, étalant

Le livre vieux qui se déplie

Du Magnificat ruisselant

Jadis selon vêpre et complie :

 

À ce vitrage d’ostensoir

Que frôle une harpe par l’Ange

Formée avec son vol du soir

Pour la délicate phalange

 

Du doigt que, sans le vieux santal

Ni le vieux livre, elle balance

Sur le plumage instrumental,

Musicienne du silence.

1865

 

Revue « Lutèce », Novembre 1883

Du même auteur :

 Le vierge, le vivace et le bel aujourd'hui… » (11/06/2014)

Brise marine (11/06/2015) 

Le Tombeau d’Edgar Poe (11/06/2016)

L’Azur (28/09/2017)