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Nous marcherons en vue de mer

par des routes sans bornage.

Nous élargirons l’horizon jusqu’à ne plus savoir

d’où nous sommes, à part cette lisière au loin

où s’espacent nos pas.

Nous serons sans mobiles et sans arbres pour

nous guider.

 

Ainsi serons-nous sans concession et

complices du chant,

Et libres avec nous-mêmes.

Nous n’éviterons pas les courants,

Jusqu’à nous perdre avec eux

au soleil devancé.

 

Nous glanerons en des champs que nous

n’aurons pas semés.

Ce jour-là nos frontières nous serons rives

hauturières.

Nous fréquenterons de hauts plateaux

Où les épis du ciel se couvriront d’oiseaux en

partage d’estuaire.

 

Nous serons de tous les vents la conquête et la

proie.

Nous ne laisserons rien au sec.

Sauf de rares rochers pour estimer l’espace de

notre perte.

 

Nous serons immergés dans les marées

profondes

Et viserons la haute mer car nous n’aurons plus

besoin de port.

 

Ce rien qui nous éclaire

L’enfance des arbres éditeur, 56700 Hennebont, 2017

Du même auteur : « S’avancer sans craindre l’obscur ... » (22/09/2017)