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Au sud de la Péninsule malaise

 

Douceur, la côte sinueuse

le jour et la soie dorée du jour

tremble comme un drapeau de pétrolier

 

les îlots étincellent

je caresse la mer

comme on caresse une femme ardente

ou un vase antique bleu

les sables mouvants et les ombres des nuages ne cessent de laver

des filets de vapeurs bleues

 

les indigènes assis dans l’ombre épaisse de l’après-midi

boivent du thé, crachent des noyaux de l’été

les socques en bois sont oisives

 

Qu’y a-t-il dans la jungle ?

des cours d’eau secrets, les poignards des Maotou ?

On dit que l’oiseau de paradis ne dépend pas d’un lieu précis

mais qu’il se perche toujours sur une certaine branche

 

Keppel Harbour Singapour

ces lieux sont comme des dauphins

 

j’ai vu quelqu’un venir à la fenêtre

ouvrir la cage de la lune

 

Traduit du chinois par Chantal Chen- Andro

In, « Le ciel en fuite. Anthologie de la nouvelle poésie chinoise »

Editions Circé, 2004

Du même auteur :

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