29 août 2018

Jiří Šotola (1924 – 1989) : Comment chasser le bonheur. II

  Comment chasser le bonheur II   On oublie les noms on oublie le doux parfum d’un bébé de six mois, on marche en rond, en rond, on cherche quelque chose qui n’est guère, qui pourrait, devrait être, qui à l’évidence ne peut pas ne pas être, une boule pointue, un mouvement perpétuel, un marbre irrigué de sang, on ne pense en fait à rien d’autre, on marche jusqu’à l’épuisement, ensuite avec varices, avec asthme, puis couché sous une couverture d’hôpital, on marche, on marche et on marche.   Traduit du... [Lire la suite]
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29 août 2018

Mahmoud Darwich (1941- 2008) / محمود درويش : L’art d’aimer / درس من كاما سوطرا

      L’art d’aimer Avec la coupe sertie d’azur, Je t’attends Auprès du bassin, des fleurs du chèvrefeuille et du soir, Je t’attends Avec la patience du cheval sellé pour les sentiers de montagne, Je t’attends Avec le bon goût du prince raffiné et beau, Je t’attends Avec sept coussins remplis de nuées légères, Je t’attends Avec le feu de l’encens féminin omniprésent Je t’attends Avec le parfum masculin du santal drapant le dos des chevaux, Je t’attends Et ne t’impatiente pas. Si elle arrivait après... [Lire la suite]
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28 août 2018

Tarass Chevtchenko / Тарас Григорович Шевченко (1814 – 1861) : « Le jour passe... »

  Le jour passe et la nuit passe. Et toi, La tête entre les mains tu t’étonnes Que ne vienne pas encor l’apôtre De la vérité, de la lumière.   Le 5 Novembre 1860 St-Petersbourg   Traduit de l’ukrainien par Eugène Guillevic In : « Tarass Chevtchenko » Pierre Seghers éditeur (Poètes d’aujourd’hui), 1964,
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27 août 2018

Alfonso Gatto (1909 – 1976) : Mots / Parole

  Mots   « Je te perdrai comme on perd un clair jour de fête : - je le disais à l’ombre que tu étais dans le vide de la pièce – attentive, ma mémoire te chercha en ces années florissantes, un nom, une apparence : pourtant, tu te dissiperas et ce sera toujours l’oubli de nous dans le monde. » ... [Lire la suite]
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26 août 2018

Henri Pichette (1924 – 2000) : Apoème 3

  Apoème 3    Hommes, souvenez-vous des marches et des haltes. Hommes, la gorge en feu, nous bûmes aux fontaines. Hommes penchés dehors, les trains vous emportaient. Hommes, je vous revois offrir des roses rouges. Hommes, mes délicats, vous tuiez des oiseaux. Hommes à tout venant les veillées vous fanèrent. Hommes, descendez l’eau, debout sur les péniches… Faites encor vos jeux ! clamèrent les forains. Les roues lancées à bras tournaient, tournesols ivres, Avec un bruit fou de crécelles. La lumière ... [Lire la suite]
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25 août 2018

Denis Rigal (1938 -) : journal infime

  journal infime   s’élevait au-dessus des maisons un si paisible rien          un geste bénin de l’absence            quelque chose comme le parfum doucereux des freezias. c’était dans la saison tremblante, la chair était lointaine, n’avait jamais menti, n’en tirait plus orgueil.     on se meurt, en effet, et aussi le ruisseau à l’insigne allégresse.   d’une persistence Revue « Poésie... [Lire la suite]
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24 août 2018

Michel Seuphor (1901 – 1999) : Les vieux amis

  Les vieux amis Une lyromanie pour Marcel Janco   janco hinco yinco colo janco hinto tajmahal janco colomayo trogo janco calamistero (tero)      Les vieux amis sont des crocodiles qui traînent un peu partout dans la maison et qui de temps en temps vous mangent un membre cru. Les jeudis treize à marée haute ils se mettent sur le dos afin que l’on fasse luire comme un miroir leur ventre vertueux.    Les vieux amis sont des maisons très hautes qui cachent une partie du ciel ... [Lire la suite]
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23 août 2018

José Herrera Petere (1909 – 1977) : Arbres / Arboles

  Arbres   Arbres drus qui descendez en flots ombres crépusculaires des montagnes colloque muet le long des flancs lustrés. Lumière tranquille ô lumière héritée d’êtres anciens et verts avec des branches, des lèvres balbutiantes. Arbres comme des moines psalmodiants comme une attente triste vous avez sous le ciel une douceur d’ogive colonnes enamourées bruissantes absides comme des nids de plumes et de colombe corps et refuges. Arbres vivants sans bruits vous descendez ! O forêts de beauté pour mon... [Lire la suite]
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22 août 2018

Jean-Antoine de Baïf (1532 -1589) : « Ô doux plaisir... »

  Ô doux plaisir plein de doux pensement, Quand la douceur de la douce mêlée, Etreint et joint l'âme en l'âme mêlée,   Le corps au corps accouplé doucement.   Ô douce mort ! ô doux trépassement ! Mon âme alors de grand joie troublée, De moi dans toi s'écoulant a l'emblée, Puis haut, puis bas, quiert son ravissement.   Quand nous ardents, Méline, d'amour forte, Moi d'être en toi, toi d'en toi tout me prendre, Par cela mien, qui dans toi entre plus,   Tu le reçois, me laissant masse... [Lire la suite]
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21 août 2018

August von Platen (1796 – 1835) : « O tendre printemps... » / « O süßer Lenz... »

  O tendre printemps, fais que ton pas se hâte, Et, cette fois, viens encore plus tôt que de coutume ! Toi qui nous guéris quand notre cœur est serré, Et dont le doux remède toujours nous guérit !   Oh ! si je pouvais déjà au profond même de ta fleur, Quand à peine le jour arde à l’horizon, Et jusqu’à ce qu’enfin il se dissipe dans le couchant, Vivre de pleurs et sans vœu ni prière !   Ton clair soleil flammant dans le bleu, Je lèverais les yeux vers le haut, étendu parmi l’herbe, Et... [Lire la suite]
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