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Ô doux plaisir plein de doux pensement,

Quand la douceur de la douce mêlée,

Etreint et joint l'âme en l'âme mêlée,  

Le corps au corps accouplé doucement.

 

Ô douce mort ! ô doux trépassement !

Mon âme alors de grand joie troublée,

De moi dans toi s'écoulant a l'emblée,

Puis haut, puis bas, quiert son ravissement.

 

Quand nous ardents, Méline, d'amour forte,

Moi d'être en toi, toi d'en toi tout me prendre,

Par cela mien, qui dans toi entre plus,

 

Tu le reçois, me laissant masse morte ;

Puis vient ta bouche en ma bouche le rendre,

Me ranimant tous mes membres perclus.

 

 

Les Amours,1558