august_von_platen_240_160_0_1_

 

O tendre printemps, fais que ton pas se hâte,

Et, cette fois, viens encore plus tôt que de coutume !

Toi qui nous guéris quand notre cœur est serré,

Et dont le doux remède toujours nous guérit !

 

Oh ! si je pouvais déjà au profond même de ta fleur,

Quand à peine le jour arde à l’horizon,

Et jusqu’à ce qu’enfin il se dissipe dans le couchant,

Vivre de pleurs et sans vœu ni prière !

 

Ton clair soleil flammant dans le bleu,

Je lèverais les yeux vers le haut, étendu parmi l’herbe,

Et ce me semblerait comme si j’admirais mon ami !

 

C’est alors que mon regard inclinerait ébloui,

Je sommeillerais jusqu’à ce que les étoiles brillent,

Et endormi me réconforterais de son image

1826

 

Traduit de l’allemand par Dominique Le Buhan et Eryck de Rubercy

In, August Von Platen : « Sonnets d’amour et sonnets vénitiens »

Editions la Différence (Orphée),1993

Du même auteur : « A l’ami allemand… » / « Dem  deutschen Freunde » (21/08/2017)

 

 

O süßer Lenz, beflügle deine Schritte,

Komm früher diesmal, als du pflegst zu kommen !

Du bist ein Arzt, wenn unsre Brust beklommen,

Ein milder Arzt von immer sanfter Sitte!

O könnt ich schon in deiner Blumen Mitte,

Wann kaum der Tag am Horizont entglommen,

Bis er ins Abendrot zuletzt verschwommen,

Von Tränen leben, ohne Wunsch und Bitte!

 

Wann deine helle Sonne flammt im Blauen,

Würd ich, ins Gras gestreckt, nach oben blicken,

Und würde Glauben meinen Freund zu schauen!

 

Geblendet würde dann mein Auge nicken,

Ich würde schlummern, bis die Sterne tauen,

Und mich im Schlaf an seinem Bild erquicken!

 

Liebessonnette

Poème précédent en allemand :

Johann Wolfgang von Goethe : Un autre pareil / Ein Gleiches (23/06/2018)

Poème suivant en allemand :

Nelly Sachs : « Vous mes morts... » / « Ihr meine Toten... » (16/09/2018)