19 juin 2018

Tahar Ben Jelloun (1944 -) : « Etranger... »

  Etranger prends le temps d’aimer l’arbre accoude-toi à la terre un cavalier t’apportera de l’eau, du pain      et des olives amères c’est le goût de la terre et les semences de la mémoire c’est l’écorce du pays et la fin de la légende ces hommes qui passent n’ont pas de terre et ces femmes usées attendent leur part d’eau. Etranger laisse la main dans la terre pourpre ici il n’est de solitude que dans la pierre   Cicatrices du soleil Editions François Maspero,1972 Du même... [Lire la suite]
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18 juin 2018

Olivier de Magny (1529 - 1561) : Au Roi

  Au Roi   Il ne faut pas toujours le bon champ labourer : Il faut que reposer quelquefois on le laisse, Car quand chôme longtemps et que bien on l'engraisse, On en peut puis après double fruits retirer. Laissez donc votre peuple en ce point respirer, Faisant un peu cesser la charge qui le presse, Afin qu'il prenne haleine et s'allège et redresse Pour mieux une autre fois ces charges endurer. Ce qu'on doit à César, Sire, il le lui faut rendre, Mais plus qu'on ne lui doit, Sire, il ne lui faut prendre. ... [Lire la suite]
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17 juin 2018

Jean Tardieu (1903-1995) : Rengaine pour piano mécanique

  Rengaine pour piano mécanique (Comme un rémouleur superbe et désabusé) Dépêche-toi de rire il en est encor temps bientôt la poêle à frire et adieu le beau temps.     D’autres viendront quand même  respirer le beau temps c’est pas toujours les mêmes mais y a toujours des gens.     Sous le premier empire y avait des habitants sous le second rempire y en avait tout autant.     Même si c’est plus les mêmes tu t’en iras comme eux tu t’en iras quand même tu t’en iras chez... [Lire la suite]
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16 juin 2018

Paul Valéry (1871 – 1945) : De la mer océane

  De la mer océane        Mer. Océan. Cap Breton.        La grande forme qui vient d’Amérique avec son beau creux et sa sereine rondeur trouve enfin le socle, l’escarpe, la barre. La molécule brise sa chaîne - Les cavaliers blancs sautent par delà eux-mêmes.      L’écume ici forme des bancs très durables, qui figurent un petit mur de bulles irisé, sale, crevard, le long du plus haut flot. Le vent chasse des chats, et des moutons nés de cette... [Lire la suite]
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14 juin 2018

Roger Milliot (1927 – 1968) : « Il y a ce corridor sans fenêtre... »

  Il y a ce corridor sans fenêtre Sans lézarde Des coups obscurs Des pas comptés Un à un ajoutés A force de vouloir L’azur encore Au bout, problématique   Surtout ne pas se retourner Sur la suite infinie Du manqué De l’inconnu De l’imaginé Sur les mille stations De la douleur Là, bafoué Là, rejeté La, trompé Là, déchiré  Marcher aveugle Marcher sourd Au chant d’en haut Aux voix humaines Parlant de joies caduques Derrière les murs Marcher pourquoi Marcher parce que Parce que pourquoi Y... [Lire la suite]
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14 juin 2018

Françoise Ascal (1944 -) : « Des orages, chaque jour... »

                                                  Des orages, chaque jour, qui métallisent le paysage. Lumière implacable qui jaunit la gamme des verts frais d’avril – ces verts que j’ai longuement contemplés dans les toiles du musée de Colmar et de Bâle, sur ces robes moyenâgeuses, austères, d’où... [Lire la suite]
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13 juin 2018

Yves Bonnefoy (1923 – 2016) : Deux barques

  Deux barques     L'orage qui s'attarde, le lit défait, La fenêtre qui bat dans la chaleur Et le sang dans sa fièvre : je reprends La main proche à son rêve, la cheville A son anneau de barque retenue Contre un appontement, dans une écume, Puis le regard, puis la bouche à l'absence Et tout le brusque éveil dans l'été nocturne Pour y porter l'orage et le finir. - Où que tu sois quand je te prends obscure, S'étant accru en nous ce bruit de mer. Accepte d'être l'indifférence, que j'étreigne A l'exemple... [Lire la suite]
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12 juin 2018

Wisława Szymborska (1923 – 2012) : Impressions théâtrales / Wrażenia z teatru

      Impressions théâtrales   Pour moi, de toute la tragédie, rien ne vaut l’acte six. Les morts ressuscitant après la bataille, les perruques repeignées, les robes époussetées, les couteaux arrachés des cœurs, les nœuds coulants desserrés, les morts et les vivants en rangs bien ordonnés, face au public.   Saluts individuels et collectifs : main blanche sur le cœur qui saigne, la révérence de la suicidée, le hochement de la tête coupée.   Salut par deux : la fureur main... [Lire la suite]
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11 juin 2018

Abd al-ʿAziz al-Maqālih (1939 -) / المقالح, عبد العزيز : « La nuit prisonnière ...»

  La nuit prisonnière s’étendait sur le lit de la terre Buvant les nuages de la saison pluvieuse. Feu au sein des étoiles de l’Orient éteint, Le soleil était comme une femme prisonnière Voilée de ténèbres derrière l’horizon. S’était brisée le vert visage de la joie Nulle paupière lavée par le sommeil Sommeil sans sommeil, Les arbres, les hommes, les rochers, la mer – sans sommeil. La rivière – sans rivière... Le pont émigré au désert Les yeux s’usent à scruter l’obscurité Et se ferment effrayés. Sur son visage de... [Lire la suite]
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09 juin 2018

David-Herbert Lawrence (1885 – 1930) : Les secrètes eaux / The secret waters

  Les secrètes eaux   Ce qui était perdu est retrouvé ce qui fut blessé est sauvé, la clé de la vie au corps des hommes ouvre à nouveau les fontaines de paix.   Les fontaines de paix, les fontaines de paix montent à doux flot vers un plus haut niveau bouillonnant cependant sous le mur épais de cette maison de vie qui nous enclôt.   Elles bouillonnent sous le mur épais qui fut jadis une maison, mais maintenant est une prison, et pas un seul d’entre nous ne sait que les eaux ont monté.   Nul... [Lire la suite]
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