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J’ai souffert autant qu’on peut souffrir au monde

Mais j’ai connu la joie atroce de rêver

J’ai connu la douleur d’effacer son visage

Au feu de ma raison

J’ai connu dans la nuit avide de mon sang

Le vent jaloux de Dieu

Le vent qui n’a jamais connu sa voix d’enfant

J’ai connu l’attente obscure

La foule avide et dérisoire

Distribuant ses fantômes et noyant ma mémoire

Raz de marée brisant ma vie

À travers les brouillards de ses yeux dispersés

J’ai connu l’obsession d’un mal que je vénère

J’ai connu le tourment du doute et son visage

Et ses paroles effaçant ma douleur un moment

Et confondant ma nuit avec ses yeux fermés

 

Poèmes mortels

Chez l’auteur, 1945

Du même auteur :

 « Dans le temps, dans la nuit... » (04/06/2014)

« Ce que je peux dire… » (04/06/2015)

« Enfant je me suis étonné… » (04/06/2016)

« Au moment d’écrire… » (04/06/2017)

 

En dérive vers l’absolu (04/06/2019)