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Ce sont les mouettes mon amour

 

Ce sont les mouettes, mon amour.

Les lentes, les hautes mouettes.

 

Mer hivernale. L’eau grise

laisse un tâche froide sur les rochers.

Tes jambes, tes douces jambes,

attendrissent les vagues.

Un ciel sale se vautre

sur la mer. Le vent efface

le profil des collines

de sable. Les tristes

mares de sel et de froid

copient ta lumière et ton ombre.

Elles crient des choses là-haut

que, trop absorbée, tu n’écoutes pas.

 

Ce sont les mouettes, mon amour.

Les lentes, les hautes mouettes.

 

Traduit de l’espagnol par Claude de Frayssinet,

In « Poésie espagnole. Anthologie 1945 – 1990 »

Actes Sud / Editions Unesco, 1995

Du même auteur :

Monde inquiétant (18/05/2015)   

Synesthésie (18/05/2016)

Anniversaire d’Amour / Cumpleaños de amor (18/05/2017)

 

Son las gaviotas, amor.

 

Son las gaviotas, amor.

Las lentas, altas gaviotas.

Mar de invierno. El agua gris

mancha de frío las rocas.

Tus piernas, tus dulces piernas,

enternecen a las olas.

Un cielo sucio se vuelca

sobre el mar. El viento borra

el perfil de las colinas

de arena. Las tediosas

charcas de sal y de frío

copian tu luz y tu sombra.

Algo gritan, en lo alto,

que tú no escuchas, absorta.

Son las gaviotas, amor.

Las lentas, altas gaviotas.

 

 

Áspero mundo,

Ediciones Rialp, 1956

Poème précédent en espagnol :

Francisco Brines : Quand je suis encore la vie / cuando yo aún soy la vida. (11/05/2018)