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Fièvre de la Petite-Pierre d’Alsace

 

     Nous avançons sur l’étendue embrasée des forêts, comme l’étrave face aux

lames, onde remontée des nuits, maintenant livrée à la solidarité de l’éclatement

et de la destruction. Derrière cette cloison sauvage, au-delà de ce plafond,

retraite d’un stentor réduit au silence et à la ferveur, se trouvait-il un ciel ?

     Nous le vîmes à l’instant que le village nous apparut, bâtisse d’aurore et de

soir nonchalant, nef à l’ancre dans l’attente de notre montée.

     Bonds obstinés, marche prospère, nous sommes à la fois les passants et la

grand-voile de la mer journalière aux prises avec des lignes, à l’infini, de

barques. Tu nous l’apprends, sous-bois. Sitôt le feu mortel traversé.

 

Poèmes des deux années, 1953 -1954

G.L.M. éditeur,  1955

Du même auteur :

Congé au vent (02/05/2014)

« J’ai ce matin, suivi des yeux Florence … » (02/05/2015)

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